Décret «  Services»   : la dernière mouture du projet ne fait pas l’unanimité

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Décret « Services» : la dernière mouture du projet ne fait pas l’unanimité

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Publié le 22 août 2018
Par Magali Clausener
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Le décret sur les conseils et prestations en officine (voir notre actualité du 9 juillet 2018) devrait finalement paraître au Journal officiel plutôt à l’automne. La dernière version consolidée après la consultation de la profession a, en effet, été transmise le 24 juillet au Conseil d’Etat qui a deux mois pour répondre.

Ce texte, que s’est procuré Le Moniteur des pharmacies, ne fait pourtant pas l’unanimité. Il comporte 5 grandes missions : la mise en place d’actions de suivi et d’accompagnement pharmaceutique, la mise en place d’actions de prévention et de promotion de la santé dans le cadre de la Stratégie nationale de santé, la participation à des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, le dépistage des maladies infectieuses et maladies non transmissibles, la participation à la coordination des soins avec l’ensemble des professionnels de santé.

Certaines remarques des syndicats ont néanmoins été reprises. Ainsi, les missions de la Convention pharmaceutique ne sont plus mentionnées et l’évaluation des médicaments en vie réelle, l’une des revendications de l’USPO, a été intégrée.

Gilles Bonnefond, président de l’USPO, est cependant déçu malgré les améliorations apportées : « Les soins à l’officine, par exemple pour une personne qui tombe dans la rue, n’ont pas été prévus. La PDA n’est pas non plus inscrite dans le texte »

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« C’est vrai que nous attendions plus d’éléments précis et que nous sommes loin d’une liste de missions comme on aurait pu l’imaginer il y a neuf ans, remarque Jocelyne Wittevrongel, vice-présidente de la FSPF. Mais l’important est que ce décret sorte. Et il est assez large pour que les pharmaciens puissent proposer des services. »

Le projet de texte ouvre également la porte à une rémunération des services qui pourront être proposés par les pharmaciens, en ne l’interdisant pas.

Ce qui ne convainc pas du tout Albin Dumas, président de l’APR, qui juge que dans ce projet de décret « il n’y a rien » : « Globalement, cela ne nous donne pas le droit de faire des glycémies ou de dépister l’hypertension. Pour moi, c’est un coup d’épée dans l’eau ».