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- “Cette crise a mis en lumière des mesures qui n’ont rien d’original dans le domaine animal”
“Cette crise a mis en lumière des mesures qui n’ont rien d’original dans le domaine animal”
La pandémie de Covid-19 nous rappelle que médecine humaine et médecine vétérinaire sont soeurs. Pour autant, ce concept d’une seule santé vous paraît-il avoir fonctionné avec cette crise ?
On peut regretter que le monde vétérinaire ne soit pas davantage associé à la crise. Les vétérinaires connaissent les maladies animales avec cet angle populationnel et d’épidémiologie prédictive. Ils ont été oubliés lors de cette crise. Blue tongue, peste porcine africaine, encéphalopathie spongiforme bovine, fièvre aphteuse, influenza aviaire, etc. sont autant de maladies animales sur lesquelles la profession vétérinaire dispose d’une expérience intéressante sur la gestion de crise, la quarantaine, la biosécurité, le diagnostic, la mise en place de prophylaxie. Cette crise a mis en lumière des mesures qui n’ont rien d’original dans le domaine animal.
La vaccination contre les coronavirus chez l’animal pourrait-elle nous aider à comprendre les perspectives en médecine humaine ?
En médecine vétérinaire, nous disposons d’un certain nombre de vaccins contre les coronavirus. Nous avons la connaissance de ces vaccins, comme celui contre le coronavirus responsable de la bronchite infectieuse chez les volailles, ou encore le vaccin contre le coronavirus de la diarrhée épidémique porcine qui a beaucoup sévit aux Etats-Unis (2012 – 2013). La recherche animale profite évidemment à la recherche humaine.
Pourquoi consomme-t-on toujours des animaux sauvages dans certains pays ?
L’histoire se répète en effet. C’est difficile, car la consommation des animaux sauvages est culturelle dans plusieurs pays du monde. Une évolution demandera beaucoup de pédagogie et d’explications. Suite au Covid-19, les Chinois vont interdire le commerce d’espèces sauvages. Ils mettent aussi en place un programme d’aide à la reconversion des élevages.
Quelles mesures devraient être désormais prises ?
Un accompagnement des pays est vraiment nécessaire, avec une réglementation adaptée, une prise en compte globale et mondiale. Il convient d’associer la FAO, l’OMS, l’OIE, le PNUE, l’UICN, la Cites, et d’associer davantage des structures internationales publiques et privées de santé et des écosystèmes. On rencontre souvent des problèmes dans les pays en développement, il faut une mobilisation internationale et des bailleurs de fonds qui s’emparent de ces sujets en matière de recherche, faire une cartographie des risques, aider à renforcer des services aussi bien médicaux que vétérinaires, revoir le règlement sanitaire international de l’OMS. Un peu plus d’interventionnisme vétérinaire est aussi requis en envoyant des équipes d’experts sur le terrain, et en aidant les pays à lutter contre les maladies à la source animale.
Il faut des systèmes de surveillance de la faune sauvage, comme cela s’est concrétisé en France par un système de plateforme d’épidémiosurveillance animale. Ce même système pourrait exister aux niveaux européen et international.
Il convient enfin de supprimer les barrières qui séparent la médecine humaine et vétérinaire pour réduire les risques liés à de futures épidémies.
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