CANICULE : Jean-François Mattei s’abrite derrière l’exemple américain

Réservé aux abonnés
Publié le 20 septembre 2003
Mettre en favori

Il y aura désormais un avant et un après-août 2003 », a déclaré le ministre de la Santé, auditionné jeudi devant la mission d’information de l’Assemblée. Reconnaissant lui-même « une faiblesse du système d’alerte sanitaire », il a mis en cause le non-déclenchement par la DGS du nouveau dispositif d’alerte DGS-Urgent (créé fin mai) à l’intention des professionnels de santé. Un dispositif où, à ce jour, seuls 10 % des médecins libéraux sont inscrits à la liste de diffusion…

« Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, un décompte fiable des victimes n’a pas été disponible », se défend Jean-François Mattei. Mais de toute façon, selon les experts des Centers for Disease Control (CDC) d’Atlanta, convoqués à sa demande, « lorsque les premières victimes arrivent aux urgences, l’alerte sanitaire a déjà 72 à 96 heures de retard »… Autrement dit, seule une politique de prévention aurait pu limiter le nombre de morts. En s’inspirant du modèle américain, Jean-François Mattei propose donc aux municipalités d’instaurer des plans d’action en fonction d’indicateurs météorologiques. Et d’imposer, 2 à 3 heures par jour, une salle climatisée dans les établissements de soins pour les populations à risque.

Le ministre a également reconnu un désengagement de la médecine de ville et le manque de personnel à l’hôpital public, mais a interprété la crise sanitaire estivale sous un angle social. Coïncidence, le gouvernement vient de débloquer 40 millions d’euros en faveur des personnes âgées.

Publicité