Aide médicale d’état : L’Etat relance sa réforme

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Publié le 25 octobre 2003
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Pour les associations de lutte contre l’exclusion, Médecins du monde et le Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), la réforme de l’aide médicale d’Etat (AME) inscrite dans projet de loi de finances pour 2004, en cours de lecture à l’Assemblée, signe « la fin de la gratuité des soins pour les plus démunis ». Le gouvernement souhaite un meilleur contrôle de l’ouverture des droits, la limitation des remboursements aux soins médicalement indispensables dans des conditions à définir et, surtout, l’introduction d’une participation financière des bénéficiaires : un ticket modérateur.

« Les personnes concernées sont à un euro près dans leur quotidien. S’il faut payer, elles renonceront ou différeront leurs soins », dénonce Médecins du monde. « Le ticket modérateur sera plafonné, précise le ministère des Affaires sociales. Les personnes atteintes de pathologies lourdes seront intégralement prises en charge. » Pour le GISTI, ce projet vise « à faire payer les pauvres », à « verrouiller l’accès à l’AME » et à « réduire les prestations couvertes à peau de chagrin ».

« Au moment où des efforts importants vont être demandés aux assurés sociaux dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2004, il apparaît juste que l’ensemble des bénéficiaires participe à l’effort collectif, a justifié la semaine dernière Dominique Versini, secrétaire d’Etat à la Lutte contre la précarité et l’exclusion. Selon elle, « la dérive financière de l’AME s’est aggravée avec une projection pour 2004 de 600 millions d’euros ». En mars 2003, devant l’opposition de plusieurs associations, le gouvernement avait renoncé à appliquer une disposition de la loi de finances rectificative pour 2002, qui instaurait déjà un ticket modérateur dans le cadre de l’AME. En mai, un projet de circulaire, toujours en attente de publication, avait suscité la même opposition.

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