Visite dans le plus gros site de production de vaccins au monde

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Publié le 1 mars 2020
Par Samia Ouledcheikh
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La grande majorité des vaccins de GSK distribués dans le monde sont produits à Wavre, en Belgique. Glaxo Smith Kline nous a ouvert les portes de ce site. L’occasion d’aborder un marché à fort potentiel.

GSK est présent en Belgique à Wavre, où se trouve la fabrication et le contrôle qualité et à Rixensart, non loin, est implanté un des trois centres de R&D. La Belgique est le premier pôle Vaccin, avec 9 000 personnes, dont 54 % de femmes. 90 % des vaccins sont exportés dans le monde depuis ce pays. « Nous investissons dans l’excellence scientifique et technique, afin de développer et lancer une série de vaccins nouveaux qui répondent au besoin des patients et des payeurs. 673 M de £ (776,6 M €) ont été investis dans la R&D en 2018, souligne François Meurice, Director Scientific Affairs and Public Health Vaccines. La société a 17 vaccins candidats au développement (Source : résultats GSK, 3ème trimestre 2018) et 2 500 scientifiques travaillent à développer la prochaine génération de vaccins. « Nous avons l’ambition d’atteindre la plus importante croissance de notre industrie, en investissant efficacement dans notre activité Vaccinations, formant nos personnels et délivrant l’excellence ». GSK distribue plus de 2 M de doses de vaccins dans le monde et a réalisé un C.A de 5,9 Mds £ (6,81 Mds €) en 2018. « Nous travaillons à assurer la qualité, la sécurité et un approvisionnement fiable de nos vaccins, et à construire la confiance au travers de notre approche de l’engagement, du pricing, de la santé mondiale et en étant un employeur moderne ». Près de 40 % des enfants dans le monde reçoivent au moins un vaccin GSK. Parmi ses fiertés : le laboratoire a sorti le premier nouveau candidat vaccin TB à démontrer son efficacité sur les humains en près de 100 ans. Au niveau mondial, les ventes de vaccins représentent 27,5 Mds$ (soit 24,75 Mds €), contre 774 Mds$ (soit 696,5 Mds €) pour les ventes de médicaments sur ordonnance, soit 3,6 % du total : « Les vaccins représentent une part « mineure » de l’industrie pharmaceutique. Sur ce total de 27,5 Mds$, GSK détient 23 % de part de marché ».

L’innovation : un facteur clé

« L’idée d’exposer à la maladie pour la combattre est née en 1796, chez Edward Jenner, qui inventa le vaccin antivariole, rappelle Emmanuel Hanon, responsable R&D, GSK Vaccination. Comme dans l’industrie pharmaceutique, pour les vaccins, l’innovation est un facteur clé. Nos 3 centres R&D (à Rockville (US), Rixensart (B) et Sienne (It) visent à découvrir et développer de nouveaux vaccins parmi une série de menaces sur la santé publique, nous nous concentrons sur ceux qui offrent une amélioration significative sur les options existantes ou luttent contre des maladies pour lesquelles aucun vaccin n’existe encore ». Le 2ème élément clé, ce sont les partenariats, qui donnent accès à d’autres innovations : « 90 % de nos vaccins sont développés avec des partenaires : gouvernements/fondations, 150 collaborations scientifiques externes, avec des Universités ou l’industrie », note le responsable R&D.

Le Big data : une piste à suivre

GSK se penche sur l’utilisation des technologies pour prévoir le niveau de santé du patient (on assiste à une révolution des sciences de la vie guidée par la data et son exploitation) et un meilleur accès aux vaccins. « Notre objectif est de continuer à investir dans les données, également pour prouver l’efficacité des vaccins, produire plus efficacement, plus vite, et moins cher », souligne Emmanuel Hanon, responsable R&D, GSK Vaccination.

Les perspectives de progrès

Il faut parfois 20 ans pour trouver la bonne combinaison adjuvant/antigène. Sur ce terrain, l’homme évoque une révolution : SAM Technology (self amplifying mRNA) : « Le temps pour développer est beaucoup plus court. Cela pourrait réduire à un mois le temps entre le vaccin candidat et le lancement ». Un atout considérable sur un secteur qui devrait encore croître : « Le marché du vaccin progresse avec une population qui augmente, observe Russel Thirsk (Head of Belgium operations, GSK Vaccines). Nous avons vendu 778 M de doses dans le monde (rapport 2018) et 70 % de nos vaccins partent vers les pays émergeants. Cela prend 10 à 26 mois pour produire un vaccin. Il doit être pensé en amont. GSK investit 4 Mds € ; ce sont des sommes énormes qui sont investies pour aboutir à un vaccin. Il y a des tests généraux, puis, pour chaque pays, des règles de test à respecter – et donc une autre phase de test ». À n’en pas douter, le vaccin est une production exigeante qui requière des investissements importants, mais l’actualité du Covid-19 nous a rattrapée et la recherche n’est plus contestée. Elle présente même une lueur d’espoir.

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