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© Des restrictions sur la délivrance de substituts nicotiniques sont à prévoir - DR/Pixabay
Substituts nicotiniques : une possible restriction sur la délivrance
Après le paracétamol et l’hydroxychloroquine, les officines vont-elles faire l’objet d’une demande massive de substituts nicotiniques ? Une étude de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris publiée mardi 21 avril suggère en effet un effet protecteur de la nicotine contre le Covid-19. « J’encourage les Français à ne pas confondre piste de recherche et fait établi », a pointé hier dans son point quotidien le directeur général de la santé. Jérôme Salomon a rappelé que les substituts nicotiniques utilisés en automédication dans ce contexte présentent des risques en termes d’effets indésirables et d’addiction.
Mais faudra-t-il aller plus loin ? Ce jeudi 23 avril, l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) a précisé dans sa lettre d’information que « des mesures vont être prises par le ministère de la Santé pour éviter les dispensations abusives et hors AMM de médicaments destinés au seul sevrage tabagique ». Soyez attentifs aux demandes atypiques, interpelle le syndicat.
« Si la population manifeste une demande non rationnelle par rapport à ces produits et que des pharmaciens ne s’y opposent pas, les autorités peuvent être amenées à prendre des décisions de régulation, estime Luc Besançon, délégué général de l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). C’est parfois compliqué de dire non mais cela engage la responsabilité et la crédibilité des officines. »
Opposer un refus à ses patients, Audrey Gautier a l’impression de le faire souvent en ce moment, notamment sur le sujet des masques. C’est pourquoi cette titulaire à Saint-Domineuc, en Ille-et-Vilaine, est favorable à une restriction qui simplifierait son travail au comptoir. Dans cette officine spécialisée dans l’accompagnement à l’arrêt du tabac, on ne voudrait pas non plus manquer de patchs à la nicotine. « Nous avons déjà des difficultés d’approvisionnement en gommes depuis leur remboursement. »
Autre spécialiste du sevrage tabagique, Vincent Loubrieu, installé à Avrillé (Maine-et-Loire), estime que ses patients, qu’il connaît bien, ne lui demanderont pas directement de patchs mais aborderont le sujet par des questions. « Il sera alors plus simple de les en dissuader », indique-t-il.
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