Substituts nicotiniques : un record de dispensation en 2019

© Les prescriptions de médicaments du sevrage tabagique enregistrent un niveau record en 2019 - FlyMint Agency/iStock

Substituts nicotiniques : un record de dispensation en 2019

Publié le 6 novembre 2020
Par Matthieu Vandendriessche
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C’est une tendance qu’il faudra confronter au contexte actuel de crise sanitaire : en 2019, le recours aux traitements de substitution nicotinique n’a jamais été aussi important, indique l’Assurance maladie dans une information mise en ligne le 30 octobre.

Plus d’un million d’assurés ont été remboursés pour des substituts nicotiniques en 2019, un nombre qui a triplé en seulement 2 ans. En 5 ans, cet effectif a été multiplié par 6.

Autre constat positif : le tiers de ceux qui fument tous les jours ont fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine en 2019, contre le quart de l’effectif en 2018.

Comme les années précédentes, les 26-50 ans représentent la moitié des bénéficiaires, les jeunes de 15 à 25 ans seulement 7 % d’entre eux. Les utilisateurs de produits de sevrage tabagique ont 46,8 ans en moyenne. Les hommes et les femmes sont autant bénéficiaires de ces traitements.

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A noter que les consommateurs de substituts nicotiniques sont plus de la moitié à être touchés par au moins une pathologie, contre le tiers de la population générale. Ainsi, 25 % d’entre eux reçoivent un traitement du risque vasculaire, près de 14 % souffrent d’une maladie psychiatrique ou d’une pathologie respiratoire chronique. Près du tiers (29 %) des personnes reçoivent par ailleurs un traitement psychotrope.

Deux raisons expliquent cette hausse du recours au sevrage. D’abord le remboursement par l’Assurance maladie de ces traitements, sans seuil annuel de prise en charge depuis 2018. Plus de 70 spécialités sont désormais prises en charge à 65 % par l’Assurance maladie sur prescription. Ainsi, 4,2 produits ont été remboursés par bénéficiaire l’an dernier, contre 2,5 en 2018. Le montant moyen des remboursements était de 53 euros par bénéficiaire l’an dernier. Il augmente avec l’âge, reflétant probablement une durée de traitement plus longue chez les seniors, estime l’Assurance maladie.

Autre facteur favorable : en 2019, près de 100 000 médecins, infirmiers, sages-femmes, chirurgiens-dentistes et masseurs-kinésithérapeutes ont prescrit ces traitements, soit une hausse de 60 % en deux ans. Cela concerne 13 patients par professionnel et par an en moyenne. Les deux tiers des prescripteurs restent les médecins généralistes.