Publier la liste des médicaments placés sous haute surveillance

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Publié le 26 février 2011
Par Francois Pouzaud
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Sandrine Dazun, Saint-Amand-les-Eaux (Nord)

Il ne fallait pas publier cette liste. J’ai appris par sa fille qu’une de mes patientes avait été hospitalisée à la suite d’un coma diabétique parce qu’elle a décidé, sur un coup de tête, de tout arrêter sans demander avis à son médecin ou à son pharmacien. En prenant connaissance de la liste des médicaments par La Voix du Nord, elle a fait un mauvais amalgame avec ses traitements. Elle prenait du Nexen, du buflomédil et du Stagid, alors que ce dernier médicament ne figure pas sur la liste. Les gens qui ont des craintes sur leurs traitements ne nous interrogent pas. Il faut s’attendre à d’autres drames.

Jean-Philippe Roure, La Seyne-sur-Mer (Var)

Avoir déballé au grand jour une liste de médicaments sous surveillance particulière est dommageable par rapport aux patients. Cela a néanmoins le mérite de réactualiser le dispositif de réévaluation du bénéfice/risque des produits anciens et de le mettre au même niveau d’exigence que les procédures d’AMM des médicaments nouveaux. Il faut aussi arrêter les pressions industrielles sur l’Afssaps, choisir des experts indépendants des laboratoires, etc. Tout cela rappelle au grand public que le médicament n’est pas anodin et nous replace dans notre rôle de gardien de la santé.

Catherine Guillaume, Charleville-Mézières (Ardennes)

Cette liste n’est pas une bonne publicité pour le médicament. Un client a confondu rilménidine et Isoméride et croyait que le décès de son conjoint était dû à ce dernier médicament. Certaines personnes déclarent ne plus vouloir se soigner et d’autres arrêtent leur traitement sans rien nous dire. C’est oublier un peu vite que les progrès thérapeutiques réalisés ont contribué à maintenir les gens plus longtemps en bonne santé. Le seul intérêt de cette liste est qu’elle peut freiner les achats de médicaments sur Internet.

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