Les biologistes saisissent le Conseil d’Etat

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Publié le 15 février 2014
Par Francois Pouzaud
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La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France a entamé cette semaine un tour de France pour convaincre ses adhérents du projet de nouvelle rémunération. Simulations de marge à l’appui. Pour le syndicat, une large majorité d’officines y serait gagnante.

La FSPF entend défendre dans son tour de France, chiffres à l’appui, sa position en faveur du projet de nouvelle rémunération défini dans le protocole d’accord signé le 9 janvier dernier. Cette série de rencontres est notamment destinée à présenter les premiers résultats des simulations de marge réalisées auprès des 14 000 officines du panel Pharmastat. Les analyses de marge effectuées prennent en compte les honoraires de dispensation de 0,50 euro pour les ordonnances complexes (de 5 lignes et plus) et ceux liés aux médicaments remboursables, uniquement présentés au remboursement en 2013. Il faut indiquer par ailleurs que ces analyses n’intègrent pas les produits homéopathiques, sur les ventes desquels la marge augmente.

Premier constat tiré par la FSPF : 81 % des officines seraient gagnantes avec la nouvelle rémunération, tandis que 13,6 % ne perdent ni ne gagnent (voir graphique). Environ une officine sur deux du panel Pharmastat (53,3 %) verrait sa marge augmenter de 1 000 à 2 000 euros au cours de 2016, année prise en référence dans ces simulations. Et le gain serait supérieur à 4 000 euros pour 12,8 % des officines. Quant aux officines perdantes, elles constitueraient 5,3 % du réseau, avec une perte annuelle de 1 000 euros pour 4 % d’entre elles. Au pire, cette perte serait de 4 000 euros, pour 0,1 % des officines. En pourcentage, près des deux tiers des officines (63,4 %) connaîtraient une hausse de marge de 1 %, un quart environ (26,4 %) tendraient à la stabilité et 2,8 % accuseraient une perte de 1 %.

Un gain de marge pour le réseau évalué à 88,7 M€

Par ailleurs, l’enquête de la FSPF montre que le gain de marge unitaire est plus important (entre 0,07 et 0,4 euro) pour les médicaments dont le PFHT est le plus bas. De plus, pour les références sur lesquelles la rémunération devrait augmenter (en nombre limité mais correspondant à des volumes importants), la hausse moyenne unitaire serait de 0,19 euro. Pour les pharmacies dont la marge baisse, la perte moyenne par unité serait de 0,116 euro. En tenant compte des volumes, la spécialité qui fait le plus gagner de marge au réseau est Doliprane, en comprimé sec à 1 g (31,98 M€). La FSPF a également évalué les masses financières que représenteraient pour le réseau les honoraires pour les ordonnances de 5 lignes et plus (+ 42 M€), l’homéopathie (+ 37 M€), les médicaments remboursables non prescrits et non portés au remboursement (+ 23 M€) et l’augmentation de marge sur les bas prix (+ 25 M€). En considérant la totalité des médicaments remboursables, prescrits et non prescrits, ainsi que l’homéopathie, le gain de marge estimé pour le réseau serait de 88,7 millions d’euros.

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Une projection critiquée

L’USPO conteste les données avancées par la FSPF. D’abord, la projection s’appuie sur des prix de médicaments qui s’appliquaient en 2013. Par ailleurs, il n’est pas possible d’intégrer avec certitude les ordonnances de 5 lignes et plus, liées à des patients chroniques, ne sachant pas à ce jour si le plan de prise sera rémunéré pour chaque renouvellement. L’USPO s’inquiète aussi de voir la réforme s’appuyer sur la « sanctuarisation » des marges des médicaments dont le PFHT est inférieur à 1,81 euro. « Ils représentent seulement 11 % des références, dont le paracétamol et l’homéopathie. Si l’une de ces spécialités est déremboursée ou si son conditionnement est modifié, c’est tout un pan de l’économie officinale qui s’écroule », estime l’USPO.

M.V.