La maladie de Lyme

© © D. R.

La maladie de Lyme

Réservé aux abonnés
Publié le 27 mai 2016
Par Anne-Gaëlle Harlaut
Mettre en favori

La borréliose de Lyme est une infection bactérienne due à des Borrelia transmises par piqûres de tiques. Non détectée et traitée tôt par des antibiotiques, elle peut se compliquer de symptômes surtout cutanés, neurologiques et articulaires, parfois graves et difficilement reliés à Borrelia en raison d’un sous-diagnostic. Se protéger des tiques et/ou leur retrait rapide sont essentiels.

La maladie
DEFINITION
Une zoonose prioritaire
> La maladie de Lyme ou borréliose de Lyme est une infection non contagieuse causée par une bactérie du genre Borrelia.
> Elle est transmise par piqûre d’une tique elle-même infectée (le vecteur), l’homme étant un hôte accidentel de la bactérie, dont les réservoirs naturels sont des animaux vertébrés. On parle de « zoonose vectorielle ».
> C’est la plus fréquente des zoonoses de l’hémisphère Nord. Elle touche environ 85 000 Européens par an, dont 27 000 Français (voir Info+) mais serait largement sous-diagnostiquée. Du fait de sa gravité potentielle et de sa fréquence, elle a été retenue par l’Institut de veille sanitaire (INVS) sur la liste des zoonoses non alimentaires prioritaires en France.

L’agent infectieux
La bactérie en cause appartient au genre Borrelia, ordre des Spirochetales qui comprend une vingtaine d’espèces pathogènes pour l’animal et/ou l’homme transmises par des vecteurs hématophages (voir Dico+). Plus particulièrement, elle appartient au complexe Borrelia burgdorferi sensu lato, dont trois sont principalement présentes en Europe : Borrelia garinii, Borrelia afzelii et Borrelia burgdorferi sensu stricto.

Le vecteur
> En Europe, la bactérie est transmise par Ixodes ricinus, une tique dure hématophage. Cet acarien est très ubiquitaire sur le plan alimentaire et géographique. C’est un ectoparasite,
c’est-à-dire un parasite externe, qui se nourrit du sang de plusieurs dizaines de vertébrés, dont de nombreux mammifères sauvages et domestiques, chiens, cervidés, rongeurs, bétail…, des oiseaux et des reptiles. Ixodes ricinus est répandue dans les milieux naturels, forêts, pâtures…, tempérés et humides, où elle trouve une végétation et une faune abondantes. En France, elle est retrouvée sur tout le territoire, sauf le pourtour méditerranéen, et dans les régions d’altitude à plus de 1 500 mètres.
> La tique suit un cycle de développement sur environ deux ans en trois stades : les œufs deviennent des larves puis des nymphes et des adultes. Le passage d’un stade à l’autre nécessite un repas sanguin, le plus souvent des petits rongeurs pour les larves et nymphes, et un mammifère plus gros pour les adultes. Au stade adulte, seule la tique femelle pique avant de s’accoupler, de pondre des œufs et de mourir. À chaque repas, si l’hôte est contaminé (réservoir bactérien), la tique peut s’infecter de Borrelia, qu’elle portera toute sa vie dans son tube digestif.
> Toutes les tiques ne sont pas infectées par la Borrelia : le taux d’infestation varie de 5 à 20 % selon les régions. Elles peuvent être actives toute l’année mais, en France, l’activité maximale court d’avril à octobre.

PHYSIOPATHOLOGIE
Contamination de l’homme
> Seuls les nymphes et les adultes peuvent transmettre la bactérie à l’homme. Présentes dans la végétation, les tiques repèrent leur cible grâce à la variation de température et à
l’émission de CO2 par les vertébrés, s’accrochent à la peau et migrent éventuellement avant de piquer vers une zone de peau fine comme le cuir chevelu, le pubis, les aisselles, les plis de
l’aine, le creux des genoux, la nuque… Lors de la piqûre, la Borrelia, qui se trouve dans
l’intestin de la tique infectée, passe dans les glandes salivaires et est ainsi transmise par régurgitation. Le repas sanguin complet peut durer plusieurs jours, la tique se gonfle progressivement de sang.
> Le risque de transmission augmente avec le taux d’infestation des tiques et le temps de contact avec la peau ; le risque maximal se situe entre le 48e et la 72e heure. En Europe, on estime qu’il varie de 1 à 4 % après piqûre.

Publicité

Populations à risque
Toutes les personnes qui fréquentent des zones naturelles infestées sont à risque, notamment les professionnels en extérieur tels les gardes-chasse, les écologues, les forestiers…, les campeurs, randonneurs et tout loisir en extérieur.

SIGNES CLINIQUES

> S’abonner

Info+
>En France : 43 cas en moyenne pour 100 000 habitants, avec de fortes disparités régionales, au maximum 100 cas pour 100 000 en Alsace.

Dico+
> Hématophage : se dit d’un animal qui se nourrit de sang.

> S’abonner

À lire dans Porphyre n° 523 d’avril 2016.