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L’Ordre et les syndicats condamnent les appels au boycott des commandes de vaccins
À trois semaines du lancement de la campagne automnale de vaccination contre la grippe et le Covid-19, des appels au boycott des commandes de vaccins circulent sur les réseaux sociaux de pharmaciens. L’Ordre, les syndicats représentatifs de la profession et l’industrie pharmaceutique condamnent unanimement une initiative jugée « irresponsable ».
Depuis lundi, les premières commandes de vaccins anti-Covid peuvent être passées via le portail de Santé publique France, en vue d’une campagne qui doit débuter le 14 octobre. Mais sur certaines plateformes de discussion entre pharmaciens, des messages incitent à ne pas commander de doses afin de protester contre la baisse des remises commerciales sur les génériques et contre les pertes économiques attendues.
Pour Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, cette initiative revient à « prendre en otage les patients » et à compromettre une mission essentielle de santé publique confiée à la profession : l’amélioration de la couverture vaccinale. Elle rappelle que les officines ne vaccinent pas seulement elles-mêmes, mais qu’elles distribuent également les flacons aux autres professionnels de santé, amplifiant ainsi les conséquences potentielles d’un boycott.
Les syndicats appellent à la responsabilité
Les syndicats représentatifs de la profession partagent cette inquiétude, tout en soulignant que ces appels émanent d’« actions isolées » et d’« initiatives locales ».
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), par la voix de son président Philippe Besset, met en garde contre « des actions individuelles contre-productives » susceptibles d’inverser l’opinion publique, jusqu’ici favorable aux pharmaciens.
L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo) reconnaît que la base est en ébullition. Son porte-parole, Cyril Colombani, admet que l’appel au boycott « se répand telle une traînée de poudre », reflet d’une colère qui déborde les consignes syndicales. Certains pharmaciens vont jusqu’à déclarer qu’ils ne souhaitent plus vacciner contre la grippe.
Cette tension s’inscrit dans un climat social marqué : la semaine dernière, plus de 85 % des officines avaient fermé leurs portes lors d’une journée de mobilisation contre la réforme des remises génériques et la baisse programmée des prix de certains médicaments.
L’industrie pharmaceutique monte au créneau
L’organisation professionnelle des entreprises du médicament, Leem, dénonce de son côté une initiative « irresponsable ». Son président, Thierry Hulot, estime que la confiance entre patients et pharmaciens serait gravement entamée par un refus de vacciner. « Je ne crois pas une seconde qu’un pharmacien, ayant prêté le serment de Galien, rentrera dans ce jeu minable », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Entre pression économique et devoir de santé publique
Ce nouvel épisode illustre la tension croissante entre les revendications économiques des officinaux et leur rôle central dans les politiques de prévention. Si les syndicats s’opposent fermement à un boycott vaccinal, ils avertissent que la colère de la base ne pourra pas être contenue indéfiniment sans réponse politique à la crise des remises génériques.
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