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© Le quart des pharmaciens interrogés par l’association Soins aux Professionnels de Santé reconnaissent avoir déjà eu des idées suicidaires - DR
Suicide : briser le tabou chez les professionnels de santé
Selon une étude réalisée par l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) en octobre et novembre 2017, 25 % des professionnels de santé interrogés ont déjà eu des idées suicidaires en raison de leur travail au cours de leur carrière, quelle que soit la tranche d’âge considérée. Les pharmaciens ne font pas exception à la règle, en particulier ceux exerçant en milieu rural.
Le moral ne semble pas vraiment être au beau fixe chez les professionnels de santé, ni s’améliorer avec le temps. Les résultats de la dernière enquête de l’association SPS sur le thème « Suicide et professionnels de santé » confirment ceux déjà obtenus en 2015 et 2016.
16 % des 710 professionnels de santé répondant à l’enquête SPS de 2017 sont des pharmaciens, dont 82 % de libéraux et 18 % d’hospitaliers.
43 % d’entre eux connaissent en moyenne 2 professionnels de santé dans leur entourage ayant fait une tentative de suicide. Dans le cas malheureux où celle-ci aboutit, 57 % des pharmaciens interrogés se disent ébranlés dans leur confiance en eux, 66 % sont affectés dans leur implication professionnelle, 71 % déclarent vouloir revoir leur organisation dans le travail et 57 % pensent que cette nouvelle a des conséquences sur la qualité de leurs soins.
Par ailleurs, 23 % des pharmaciens sondés ont connaissance de soignants dans leur entourage ayant des idées suicidaires. Pour les aider, ils leur conseilleraient en priorité une plateforme d’écoute spécialisée (SPS, ADOP…), ou une consultation auprès du médecin traitant.
Enfin, sur le quart des pharmaciens interrogés reconnaissant avoir déjà eu des idées suicidaires dans leur expérience professionnelle, seulement 32 % en ont déjà parlé à quelqu’un.
Selon Eric Henry, président de SPS, le but de son association en 2018 est de « remettre le mot suicide en haut de la pile, afin que ce ne soit plus un sujet tabou et qu’il devienne un enjeu de santé publique dont les professionnels de santé seraient les premiers à s’emparer pour en faire un sujet national ».
D’autre part, pour aider au repérage et à la prise en charge des soignants en souffrance, l’association SPS a mis en place des modules de formation sur 2 jours en janvier 2018 à l’attention des professionnels membres du Réseau National de soignants en ambulatoire, constitué par SPS, afin qu’ils deviennent des « sentinelles » dans l’accompagnement sur le terrain des professionnels de santé dits vulnérables. Plus d’informations sur asso-sps.fr.
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