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Cotisations : pour que le régime des retraites vieillisse bien…
Les revenus tirés par le pharmacien de son activité professionnelle peuvent être perçus de manière immédiate, via la rémunération de ses prestations et les dividendes, ou différée, à travers le produit net de la cession de son outil de travail, les revenus issus de l’immobilier et les pensions de retraite provenant des régimes obligatoires (Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens, ou CAVP) ou facultatifs. Pour Olivier Delétoille, expert-comptable associé du cabinet AdéquA, le constat est clair : « Le système obligatoire, fondé sur la solidarité, ne suffit plus à garantir des pensions décentes à de nombreux pharmaciens, notamment à ceux qui ne disposent ni d’autres revenus complémentaires ni d’un capital à consommer. Non pas que le système soit déficient, mais il ne peut redistribuer qu’à hauteur des cotisations perçues. Or, il a été conçu à une époque où la revente de l’officine était presque assurée. Ce n’est évidemment plus une garantie de nos jours. » Autre facteur aggravant : le basculement progressif du régime fiscal des officines. Alors qu’il y a 30 ans l’impôt sur le revenu (IR) prévalait, l’impôt sur les sociétés (IS) s’est largement imposé depuis. Ce changement a pour effet mécanique de diminuer les bases de calcul des cotisations sociales, et donc, in fine, le niveau des droits à la retraite.
Approche biaisée
La capitalisation occupe toujours une place centrale dans la stratégie patrimoniale des pharmaciens. Considérée comme une réponse nécessaire pour compenser la faiblesse du régime de retraite obligatoire, elle devrait en réalité récompenser les risques assumés par le pharmacien en tant qu’entrepreneur, et contribuer à la constitution d’un patrimoine familial. L’approche est donc biaisée lorsqu’il s’agit de déterminer ce que doit être une rémunération « normale » du travail de l’exploitant.
Il en est ainsi dans les projets d’association impliquant des pharmaciens investisseurs, où la question de la retraite des titulaires est quasi systématiquement mise de côté. « Le rapport de force entre associés, combiné à la nécessité d’équilibrer le business plan financier, conduit fréquemment à fixer une rémunération d’exploitant volontairement modeste. Ce choix, qu’il soit conscient ou non, se traduit par des cotisations retraites minimales », observe Olivier Delétoille. Ainsi, la financiarisation de la profession, avérée ou non, affecte directement les jeunes titulaires à long terme.
Repenser le niveau de cotisations
L’attitude des primo-accédants est souvent prudente. L’effort d’épargne en vue de la retraite passe naturellement au second plan. Tant que la viabilité économique de l’officine n’est pas assurée – notamment en raison d’un fort niveau d’endettement initial –, il est impératif de conserver l’ensemble des ressources disponibles pour sécuriser l’avenir à moyen terme. Ultérieurement, la diversification des sources de revenus est donc souhaitable, voire indispensable : surcotisation volontaire à la CAVP via la société, souscription à des contrats (proposés avec insistance par les compagnies d’assurances) avec le plan épargne retraite (PER), etc.
Dans ce contexte, Julien Caron, expert-comptable au cabinet AdéquA, avance une proposition : « Il apparaîtrait légitime que la profession réfléchisse à une hausse des cotisations obligatoires, au moins pour les titulaires primo-accédants. L’objectif n’est pas de freiner l’installation des jeunes pharmaciens, bien au contraire, mais de mieux protéger leurs intérêts à long terme. » Et d’ajouter : « Toute évolution objective des charges – qu’il s’agisse des intérêts d’emprunt, de la fiscalité ou des cotisations à la CAVP – influe directement sur les business plans des pharmacies acquéreuses et, par ricochet, sur la valorisation même des officines. »
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