Retrait des génériques à base de valsartan : pas de conséquence sur la ROSP des pharmaciens

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Retrait des génériques à base de valsartan : pas de conséquence sur la ROSP des pharmaciens

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Publié le 11 juillet 2018
Par Francois Pouzaud
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Réunis en commission paritaire nationale (CPN) le mardi 10 juillet, les syndicats de pharmaciens et l’Assurance maladie ont évidemment abordé le sujet des rappels de lots de spécialités génériques à base de valsartan et de valsartan/hydrochlorothiazide commercialisées par plusieurs génériqueurs. Et notamment des conséquences potentiellement préjudiciables pour la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) génériques 2018 des pharmaciens, en cas d’insuffisance d’offre de génériques. 
Sur ce plan, les pharmaciens n’ont pas d’inquiétude à avoir. 
Primo, dans les avenants génériques (12 et 13) à l’accord national et à la convention pharmaceutique, signés le 28 février 2018, valsartan et valsartan/hydrochlorothiazide ne figurent ni dans la liste des molécules cibles faisant l’objet d’un suivi particulier, ni dans celle des molécules concernées par la stabilité de la délivrance des génériques pour les personnes âgées, confirment la Fédération des syndicats pharmacuetiques de France (FSPF) et l’Union nationale des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).  
Secundo, « les avenants prévoient la possibilité d’exclure ou de neutraliser une molécule du calcul de la ROSP en cas de faille ou rupture dans l’approvisionnement de génériques de cette molécule », précise Philippe Gaertner, président de la FSPF.
Gilles Bonnefond, président de l’USPO, tient des propos tout aussi rassurants, notamment par rapport à la perte de rémunération pour l’officine que pourrait entraîner l’achat en dernière extrémité de médicaments princeps : remise plafonnée à 2,5 %, achat chez le grossiste au prix grossiste hors taxes (sans profiter de l’abandon de la marge de gros) au lieu du prix fabricant hors taxe. « Le recours au princeps n’est pas pour le moment le recours immédiat, les laboratoires de génériques non impactés par le rappel de lots tels que Mylan et Teva, sont déjà en ordre de marche pour augmenter leur production des génériques concernés », livre-t-il. 
Comme le rappelle Philippe Gaertner, « la préoccupation majeure est d’assurer la continuité des traitements et de les rendre disponibles auprès des patients, ce n’est donc pas un sujet économique mais de santé publique. »
Rappelant que la substance active de ces deux spécialités génériques est fabriquée en Chine, Gilles Bonnefond pose le problème de la délocalisation des sites de production de principes actifs : « Il y a une réflexion à mener pour que ces sites industriels soient rapatriés en France et en Europe afin d’assurer une indépendance industrielle que notre pays est en train de perdre. »

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