Affaire Lactalis : La commission d’enquête parlementaire propose la création d’une police de la santé alimentaire

© Lactalis - Rino

Affaire Lactalis : La commission d’enquête parlementaire propose la création d’une police de la santé alimentaire

Publié le 18 juillet 2018
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

Après quatre mois d’audition des différents acteurs impliqués dans l’affaire Lactalis, la commission parlementaire présidée par Christian Hutin, député du Nord, a rendu public son rapport d’enquête pour éviter qu’un tel scandale sanitaire et les cafouillages liés aux retraits et rappels de laits infantiles contaminés ne se reproduisent. Plusieurs pistes ont été présentées lors d’une conférence de presse ce mercredi 18 juillet. Les députés sont favorables à la création d’une police de la santé alimentaire, estimant que les autocontrôles ne sont pas suffisants. Pour Christian Hutin, le renforcement des contrôles doit porter à la fois sur les contrôlés et les contrôleurs (les laboratoires) afin notamment de vérifier leur indépendance, qu’ils ne sont pas liés à une entreprise ou par des conflits d’intérêt. Outre la réalisation de contrôles aléatoires menés par l’Etat, le rapport recommande aussi la possibilité de mettre en place « une forme de responsabilité pénale » qui pourrait prendre la forme de sanctions financières pour les laboratoires qui ne respectent pas une forme de déontologie et de rigueur sur les autocontrôles.
Le rapport préconise aussi la création d’une autorité unique dans le domaine de la sécurité alimentaire pour éviter une guerre des polices entre les trois ministères concernés (la Santé, l’Économie et l’Agriculture).
Concernant les procédures de retrait dans les points de vente, la mise hors circuits des produits défectueux pourrait être améliorée par la réalisation de crash-tests (comme il en existe dans le secteur bancaire), l’utilisation des codes-barres et QR-codes pour faciliter les blocages en caisse et la formation du personnel. Plus complexe à mettre en œuvre en raison de la protection du secret bancaire, le rapport mentionne la possibilité de recourir aux données bancaires des clients ayant acheté un produit faisant l’objet d’un retrait/rappel pour les alerter directement.
Dernière préconisation phare de ce rapport au gouvernement : la mise en place d’un site internet unique de l’État où les producteurs et distributeurs auront l’obligation de poster l’intégralité des informations nécessaires pour le consommateur.


Publicité