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URPS : quel programme pour l’exercice coordonné ?
L’interprofessionnalité dans les territoires et la coordination ville-hôpital sont une priorité dans les programmes nationaux et régionaux des candidats aux élections aux unions régionales des professionnels de santé (URPS). L’objectif est le même : faire que les structures d’exercice coordonné ne soient pas vécues comme des usines à gaz.
Le Ségur de la santé a fait émerger l’exercice médical groupé et la coordination des soins comme la solution d’avenir en médecine de ville. Mais les négociations entre l’Assurance maladie et les organisations représentatives des différentes professions de santé de l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) en faveur du développement de l’exercice coordonné et du déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ont achoppé en fin d’année dernière.
Si l’Assurance maladie considère que les CPTS sont « un élément très structurant » de la construction du système de santé et que le cadre conventionnel devrait contribuer à leur développement, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) tout comme l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) restent convaincues que la CPTS n’est pas l’idéal à atteindre et qu’elle n’est certainement pas le passage obligé pour l’application de la dispensation sous protocole ou la mise en œuvre du statut de pharmacien correspondant, notamment.
Elles sont toutes deux favorables à un assouplissement de la doctrine et proposent la création d’équipes de soins ouvertes, c’est-à-dire un exercice coordonné sans une nécessaire adhésion à des structures définies telles que les CPTS, les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et les équipes de soins primaires (ESP). Selon ces deux syndicats, il faut lever ce verrou et repenser l’exercice coordonné autour du patient et non uniquement au travers d’une structure qui peut le priver des bénéfices d’un exercice coordonné.
« Il s’agira certainement de désigner et de mettre en place autour du patient, avec son accord, un médecin traitant, un pharmacien correspondant et un professionnel infirmier », explique Gilles Bonnefond, président de l’USPO. « La négociation interprofessionnelle est nécessaire pour définir comment s’organiseront, au moyen d’outils informatiques, ces exercices coordonnés autour du patient », ajoute Philippe Besset, président de la FSPF.
C’est la seule façon pour que les pharmaciens se mettent en ordre de marche et pour ne pas risquer une pénalité de leur rémunération. En effet, fin 2022, le pharmacien devra obligatoirement participer à un exercice coordonné pour pouvoir être payé en 2023 de sa rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) « structure » (télémédecine, télémise à jour des cartes Vitale, utilisation d’une messagerie sécurisée de santé, etc.).
Un lien ville-hôpital à fluidifier
La FSPF et l’USPO parlent également d’une seule voix tant au niveau national que des candidats têtes de listes aux élections URPS dont les projets sont tous, sans exception, orientés vers le développement des liens ville-hôpital. En se fixant comme objectif de créer des jonctions beaucoup plus fluides entre les multiples acteurs hospitaliers, ambulatoires, privés, publics, et les différentes structures de soins.
Pendant la crise sanitaire, les officinaux ont montré qu’ils pouvaient travailler en collaboration avec l’hôpital en dispensant aux patients les médicaments habituellement délivrés par les pharmacies à usage intérieur (PUI). Un lien à renforcer avec l’utilisation des nouvelles technologies, comme la messagerie sécurisée de santé. Cela doit être, dans les programmes des candidats, un élément déterminant pour faciliter la sortie des patients hospitalisés et accentuer la coordination entre professionnels de santé hospitaliers et pharmaciens libéraux.
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