Intoxications au carburant : les dommages collatéraux de la pénurie d’essence

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Intoxications au carburant : les dommages collatéraux de la pénurie d’essence

Publié le 28 octobre 2022
Par Alexandra Blanc
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Outre l’immobilisation des véhicules thermiques et l’impact sur les déplacements des soignants, la pénurie d’essence peut également avoir des conséquences sur la santé. Ainsi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur l’augmentation des cas d’intoxication due au siphonnage de carburant et rappelle la conduite à tenir en cas d’ingestion.

Du 9 au 18 octobre 2022, période pendant laquelle jusqu’à un tiers des stations-service étaient à sec, les centres antipoison ont enregistré plus de cinq fois plus d’intoxications par siphonnage de carburants pétroliers que d’habitude. « Le carburant avait été siphonné à partir de réservoirs de véhicule routier, voire d’engin agricole ou de matériel de jardinage comme les tondeuses », précise l’Anses.

Les symptômes d’intoxication observés sont liés aux caractéristiques des carburants pétroliers, très fluides, irritants et volatils, qui favorisent les fausses routes en cas d’ingestion. « L’apparition de fièvre ou de toux prolongée quelques heures après l’ingestion sont les premiers signes d’une éventuelle pneumopathie d’inhalation. Certains patients ont présenté des troubles respiratoires nécessitant une consultation aux urgences, voire une hospitalisation », indique l’agence. Les personnes intoxiquées présentaient également des symptômes digestifs (reflux, douleurs abdominales, nausées et vomissements) et des signes neurologiques ( maux de tête, somnolence et vertiges).

En cas d’ingestion de carburant, la conduite à tenir est la suivante :

– ne pas se faire vomir pour éviter le passage de carburant dans les bronches ;

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– ne pas boire pour ne pas entraîner de vomissements ;

se rincer la bouche à l’eau ;

ne pas exercer une activité à risque, comme la conduite automobile, car la vigilance peut être altérée ;

surveiller les symptômes respiratoires (toux, fièvre, essoufflement) qui peuvent être retardés.

Hors urgence vitale qui nécessite d’appeler le 15 ou le 112 (le 114 pour les sourds et malentendants), un avis doit être pris auprès d’un centre antipoison ou d’un médecin, après ingestion de carburant.

Les coordonnées des centres régionaux antipoison sont accessibles sur le site centres-antipoison.net.