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Du dioxyde de titane dans le lait humain, animal et infantile : une contamination généralisée
Une étude révèle la présence généralisée de dioxyde de titane, y compris sous forme de nanoparticules, dans le lait humain, animal et infantile. Malgré l’interdiction du E171, l’exposition persiste via l’environnement et les produits du quotidien.
Une étude récente menée par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le synchrotron SOLEIL révèle la présence de particules de dioxyde de titane (TiO₂), y compris sous forme de nanoparticules, dans différents types de lait : lait maternel humain, lait animal et lait infantile.
Une contamination détectée dans tous les échantillons de lait
Les chercheurs ont analysé plusieurs types de lait et ont systématiquement détecté du titane (Ti), ainsi que des particules contenant du dioxyde de titane.
- Dans les laits infantiles, entre 6 millions et 3,9 milliards de particules par litre ont été retrouvées dans les préparations destinées aux nourrissons.
- Dans les laits animaux (vache, ânesse, chèvre), entre 16 et 348 millions de particules par litre ont été quantifiées.
- Dans le lait maternel humain, des particules de dioxyde de titane ont été détectées dans l’ensemble des échantillons analysés. Les concentrations variaient fortement d’une femme à l’autre, certaines présentant jusqu’à 15 fois plus de particules que d’autres.
L’étude a été menée auprès de 10 volontaires résidant à Paris ou en proche banlieue, des zones particulièrement exposées à la pollution atmosphérique et aux nanoparticules issues des activités industrielles.
Une preuve du passage du dioxyde de titane dans le lait maternel
La détection de ces particules dans le lait humain constitue une preuve que le dioxyde de titane peut franchir la barrière des glandes mammaire. Ce résultat fait écho à des recherches antérieures qui avaient déjà montré le passage de nanoparticules de TiO₂ dans le placenta, après ingestion alimentaire pendant la grossesse.
Des sources de contamination multiples au-delà du E171
Bien que l’additif alimentaire E171 (dioxyde de titane) soit interdit dans l’alimentation en France depuis 2020, et dans toute l’Union européenne depuis 2022, la présence persistante de TiO₂ dans le lait suggère des sources de contamination autres que l’alimentation.
- Le dioxyde de titane reste massivement utilisé dans les cosmétiques, médicaments, dentifrices, crèmes solaires, plastiques, peintures, papiers, etc.
- Des études citées par l’Inrae ont également détecté ce composé dans l’air, les sols, les nappes phréatiques et les eaux de surface, conséquence de l’activité industrielle, de l’érosion des matériaux ou encore de son usage comme engrais.
Une exposition continue préoccupante
Cette étude met en lumière une exposition environnementale persistante aux particules de dioxyde de titane, même après l’interdiction de son utilisation comme additif alimentaire. Les auteurs soulignent l’importance de mener des études épidémiologiques et toxicologiques complémentaires, notamment pour évaluer les effets des habitudes alimentaires, de l’utilisation de cosmétiques, de médicaments, et d’autres produits contenant du dioxyde de titane sur le niveau d’exposition et donc sur la santé des nourrissons.
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