Vaccination par les pharmaciens : les syndicats de médecins veulent étouffer le poussin dans l’œuf

© Les syndicats de médecins déplorent l’ouverture vers une expérimentation de la vaccination antigrippe par les pharmaciens - DR

Vaccination par les pharmaciens : les syndicats de médecins veulent étouffer le poussin dans l’œuf

Publié le 20 octobre 2016
Par Matthieu Vandendriessche
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C’était à prévoir. Les syndicats de médecins ont déploré l’ouverture vers une expérimentation de la vaccination antigrippe par les pharmaciens telle qu’elle est prévue dans un amendement au PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) pour 2017 adopté mardi 18 octobre en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 20 octobre, le syndicat de médecins généralistes MG-France estime à nouveau qu’ « augmenter le nombre de vaccinateurs potentiels ne va pas contribuer à diminuer la défiance des patients » vis-à-vis de la vaccination.

« Est-ce que la solution réside dans la multiplication des lieux de vaccination ? Certainement pas ! Rappelons que les infirmières procèdent déjà à des vaccinations et que cela n’a pas fait augmenter le taux de couverture vaccinale », abonde pour sa part le Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), dans un communiqué en date de mercredi 19 octobre.

« L’expérimentation envisagée suppose la formation initiale des pharmaciens, la maîtrise des antécédents, notamment vaccinaux du patient, la transmission au médecin traitant d’informations sur la date, le lot et le type de vaccin utilisé, la surveillance et la prise en charge des éventuels effets post-vaccinaux », rappelle le syndicat MG-France.

« Donnons plutôt un stock de vaccins aux médecins, en liaison avec leur pharmacien de proximité », estime succinctement la CSMF. Tandis que MG-France développe et voudrait « demander à chaque pharmacien de doter chaque lundi les médecins traitants qui le souhaitent d’un lot destiné à la vaccination de leur patientèle pour les six jours qui suivent ».

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Au final, la CSMF espère que « les députés auront la sagesse de reconsidérer la question en séance plénière, pour le bien de cette importante mission de santé publique et des Français ». L’amendement doit en effet être examiné par l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.