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Publié le 16 avril 2016
Par Matthieu Vandendriessche
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Un sujet : les vaccins. Deux polémiques évoquées au comptoir : l’aluminium et les ruptures d’approvisionnement. Le lancement cette semaine du vaccin hexavalent de Sanofi Pasteur MSD (voir page 25) les fait ressurgir. Comme la majorité des vaccins, celui-ci renferme un adjuvant aluminique. Est-ce dangereux, vous demande-t-on ? Pour répondre, je vous encourage à vous plonger dans l’excellente synthèse* produite en mars sur le sujet par l’Académie de pharmacie. Pour elle, cette utilisation est « sûre et efficace », mais elle soulève « quelques interrogations sur la pharmacologie et les effets indésirables ». Autrement dit, le débat n’est pas tranché. Le bruit de fond sur les risques encourus persiste. Il vous revient donc de vous forger une réponse documentée, en l’état actuel des connaissances.

Une réponse que certains clients pourraient penser orientée parce que vous gagnez votre vie sur leur santé. Un reproche également formulé à l’endroit de l’industrie pharmaceutique. Celle-ci nourrit en plus tous les fantasmes sur ses intentions et prend de plein fouet la crise de confiance qui touche aussi la classe politique, les institutions, le système capitalistique.

Que penser des tensions d’approvisionnement sur les vaccins ? Certes, c’est compliqué d’en produire. Celui qui est commercialisé cette semaine a mis une douzaine d’années pour arriver sur le marché français, après un retrait pour manque d’efficacité sur la valence hépatite B. Certes, par leur disparité, les politiques vaccinales européennes et mondiales sèment le trouble. Un débat national lancé par le ministère de la Santé est en cours sur le sujet. Il y a urgence. Car à force de se passer des vaccins, le risque est que l’on finisse par se passer de la vaccination.

* « Les adjuvants aluminiques : le point en 2016 », rapport de l’Académie nationale de pharmacie.

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