Grippe : vifs échanges autour de la vaccination en officine

© L’expérimentation de la vaccination antivirale - Rino

Grippe : vifs échanges autour de la vaccination en officine

Réservé aux abonnés
Publié le 9 octobre 2017
Par Laurent Lefort
Mettre en favori

La scène s’est déroulée pendant le congrès Giphar, à Deauville (Calvados), le 17 septembre dernier. Lors d’un « débat des présidents » réunissant également Philippe Gaertner (FSPF), Gilles Bonnefond (USPO) et Lucien Bennatan (Pharmacie Référence Groupe), Philippe Tisserand, président de la Fédération nationale des infirmiers libéraux (FNI) est littéralement sorti de ses gonds en abordant le sujet de la vaccination en officine. « Ce n’est pas avec ces cacahuètes que l’on va sauver les officines et, avec cette expérimentation, les pharmaciens franchissent une barrière symbolique, la barrière cutanée », s’est-il exclamé, demandant aux autres intervenants de la table ronde s’ils comptaient dans une prochaine étape salarier des infirmiers. « Que diriez-vous si demain nous revendiquions le droit de vendre ? », a ajouté le président du FNI.

Philippe Tisserand n’apprécie pas du tout que la cible de l’expérimentation recouvre « les bons bleus, donc nos patients ! ». Devant cette impétuosité, Philippe Gaertner a essayé de calmer le jeu. « On est d’accord, la cible n’est pas la bonne », a-t-il convenu, rejoint par Gilles Bonnefond plus revanchard : « C’est l’erreur de l’expérimentation de se retrouver sur les bons bleus. Il aurait été plus judicieux de vacciner les patients que l’on peut qualifier de pas malades. Mais on paie là aussi l’esprit qui a régné de ne pas accorder aux pharmaciens des prérogatives supérieures à celles des infirmiers ».

« Ceux qui vaccinent n’inversent pas les courbes d’activité des autres professionnels, a tenu à rassurer Philippe Gaertner, citant en exemple les autres pays dans lesquels la mesure a été mise en place. On doit désormais gagner du temps, a conclu Gilles Bonnefond. Pourquoi ne pas donner aux infirmiers la possibilité de prescrire des antiseptiques ? »

Depuis le vendredi 6 octobre, près de 3 000 pharmaciens situés en régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine vaccinent à l’officine des adultes contre la grippe saisonnière, à titre d’expérimentation et pour une durée de 3 ans.

Publicité

Les femmes enceintes, les personnes qui n’ont jamais été vaccinées contre la grippe et/ou qui sont à risque particulier identifié pendant l’entretien pré-vaccinal obligatoire sont exclues du dispositif.