Messieurs les censeurs…

Réservé aux abonnés
Publié le 23 novembre 2019 | modifié le 5 septembre 2025
Par Laurent Lefort
Mettre en favori

L’avenant n° 19 à la convention pharmaceutique n’entérine pas seulement le rééquilibrage financier de l’avenant n° 11 signé en juillet 2017. Il cristallise la conflictualité des  rapports entre les deux syndicats FSPF et USPO. Ainsi s’écoule la vie syndicale. Un jour chafouin, un jour câlin. Car plusieurs sujets vont vite rassembler les deux camps. Celui des anticancéreux oraux d’abord, pour lesquels ils estiment déjà d’une seule voix à 70 minutes le temps à consacrer aux futurs entretiens pharmaceutiques la première année. La Fédé pointe une négociation « porteuse d’avenir pour le métier » et la nécessité « de savoir mettre de côté les divergences lorsqu’il y a quelque chose de positif » et l’USPO essaie de convaincre le patron de la Cnam de ne pas mégoter sur la rémunération de cette mission. Avec l’avenant n° 19, s’ouvre également une nouvelle négociation conventionnelle sur « la dispensation adaptée » aux besoins thérapeutiques du patient. Cette intervention pharmaceutique concerne les ordonnances où sont prescrites certaines classes de médicaments à posologie variable (antalgiques, laxatifs). Le sujet trouve déjà des opposants en la personne des médecins. Le Syndicat des médecins libéraux (SML) s’est quasi immédiatement insurgé contre la perspective d’un « pharmacien-censeur » dont le rôle serait de rationner les dépenses. Le refus de délivrance est quotidien dans les officines. Etre payé pour dire “ non ” n’est en rien un acte de censure ; la valorisation d’une expertise ne doit pas être vécue comme un acte de censure. Et franchement, puisqu’il faut dévoyer ce terme, ceux qui subissent la censure actuellement, ce sont à la rigueur les patients. Eux, qui sont privés de leur liberté de choix dans les déserts médicaux.

Publicité