« Avec ma thèse, je voulais renverser la table… »

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Publié le 31 octobre 2020
Par Matthieu Vandendriessche
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Adjoint dans les Deux-Sèvres, Hadrien Philippe est de cette génération de jeunes pharmaciens qui adoptent d’emblée une pratique clinique et interprofessionnelle. Et en deviennent même des militants. Etudiant, il avait déjà une vision affirmée de son métier.

Il est adjoint, il a 29 ans et est déjà prêt à se lancer dans les entretiens pour les patients sous anticancéreux oraux. Située dans les Deux-Sèvres, en zone rurale, l’officine qui vient de recruter Hadrien Philippe veut prendre une orientation clinique. « Ces entretiens sont ceux de l’empathie par excellence. A nous de nous adapter à chacun des patients, à ceux qui s’expriment facilement comme à ceux qui ne seront pas d’emblée ouverts au dialogue. » L’échange, il sera également indispensable avec les centres d’oncologie. « Cela peut relever d’un externe en pharmacie qui adresse tous les éléments nécessaires à l’officine pour optimiser l’accueil et le suivi du patient. » Pour ce jeune adjoint, le déploiement des nouveaux entretiens est encore trop poussif. « On a le sentiment de devoir imposer une relation avec le patient alors qu’elle devrait déjà être un réflexe. Au cabinet, le médecin devrait lui dire que s’il rencontre un problème avec son médicament, c’est à voir avec son pharmacien. » L’exercice d’aujourd’hui appelle à renforcer le lien interprofessionnel. « Pour ma thèse, qui portait sur les nouvelles missions à l’officine, je voulais que mon jury soit constitué d’un pharmacien, d’un médecin et d’un juriste en santé. » Avec ce travail de recherche, il voulait « renverser la table » en proposant des pistes d’évolution pour le métier officinal.

Des positions affirmées

Des envies et des idées, Hadrien Philippe en avait déjà lorsqu’il était en charge des relations professionnelles au sein de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf). « Nous étions une équipe très soudée et avons beaucoup appuyé la vaccination en pharmacie. » Ce mandat lui permet d’affermir ses positions. « Participer à des tables rondes et à des rendez-vous avec des conseillers à l’Elysée ou au ministère de la Santé, c’était être dans des moments historiques de prises de décision pour la profession. » Mais pas question de planer dans les hauteurs. « Le modèle économique des nouvelles missions reste à trouver. Nous ne voulions pas passer pour de beaux parleurs alors que nous avions aussi notre avis sur les lignes directrices de l’économie de l’officine », se souvient-il. Voilà pour le passé. L’avenir promet tout autant d’engagement.

BIO Hadrien Philippe

2009 Inscription à la faculté de pharmacie de Poitiers (Vienne)

2015 Intègre l’Anepf comme vice-président en charge des relations professionnelles

2018 Soutenance de thèse : « Quelles nouvelles missions pour le pharmacien d’officine de demain ? Etat des lieuxen France et à l’étranger »

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