Pharmacien correspondant : derniers ajustements en cours

© Le pharmacien correspondant va pouvoir en lien avec le médecin traitant renouveler certaines ordonnances - DR

Pharmacien correspondant : derniers ajustements en cours

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Publié le 30 janvier 2020
Par Matthieu Vandendriessche
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Comme pour les tests rapides d’orientation diagnostique et la dispensation protocolisée, tout va maintenant aller très vite pour la mise en œuvre du pharmacien correspondant.

Ce statut a été acté par la signature de l’avenant n° 19 en novembre par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et l’Assurance maladie. Il était prévu par l’article 28 de la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé de 2019.

« 2020 sera l’année de l’intégration du pharmacien dans le parcours de soins, notamment par la mise en œuvre du pharmacien correspondant. Cela consiste pour lui à renouveler les traitements chroniques et à en ajuster les posologies le cas échéant », a rappelé Emmanuelle Cohn, responsable de la qualité et de la sécurité des soins au sein de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Son intervention a eu lieu dans le cadre des 12e Rencontres de l’USPO, organisées à Paris mercredi 29 janvier.

Cette mission officinale s’effectuera dans le cadre d’un exercice coordonné de type équipe de soins primaires, équipe de soins spécialisés, communautés professionnelles territoriales de santé, centre de santé ou maison de santé.

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« Le patient devra désigner son pharmacien correspondant à l’Assurance maladie qui en informera le médecin traitant et un système d’informations réciproques s’organisera entre le pharmacien correspondant et le médecin traitant. Le décret en Conseil d’Etat pour l’application de ce texte est en cours de finalisation et les organisations syndicales vont être concertées à ce sujet dans les prochains jours », indique Emmanuelle Cohn.

Les points saillants du décret ont été précisés par la représentante de la DGOS. Il s’agit de :

  • la mention sur la prescription par le médecin traitant de l’autorisation de renouvellement par le pharmacien correspondant. Ce renouvellement ne pourra pas excéder 12 mois.
  • l’engagement du pharmacien à actualiser ses connaissances, sans référence à des exigences de formation établies.
  • la présence nécessaire dans l’officine de locaux avec isolation phonique et visuelle.

De plus, un arrêté doit préciser la liste des médicaments qui ne pourront pas être éligibles à ce dispositif. Ce sont par exemple les antibiotiques et des traitements de substitution aux opiacés. Se posent encore la question pour les benzodiazépines et les antidépresseurs.

Sous réserve de délais pour le décret en concertation, la déclaration d’un pharmacien correspondant devrait être en place en fin de premier trimestre 2020, selon la représentante de la DGOS

« Le pharmacien correspondant et les protocoles de soins programmés vont potentiellement remplacer dans les prochains mois des millions de consultation de médecine générale, ce qui correspond à l’équivalent d’un millier de médecins généralistes sur le territoire, cela n’est pas neutre », a estimé lors des Rencontres de l’USPO le député La République en marche Thomas Mesnier.