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L’amibiase
L’amibiase est une maladie parasitaire généralement contractée en zone tropicale. Elle se manifeste par une atteinte intestinale et/ou parfois extradigestive.
Qu’est-ce que l’amibiase ?
• L’amibiase (ou amœbose) est une affection parasitaire due à un protozoaire : Entamœba histolytica. Le parasite spécifique de l’homme est surtout présent dans les régions chaudes et humides où des conditions d’hygiène défavorables favorisent sa transmission.
• Elle représente la 3e cause de mortalité due à une maladie parasitaire dans le monde après le paludisme et la bilharziose : 40 000 à 100 000 personnes en meurent chaque année.
Comment se transmet-elle ?
L’homme se contamine en ingérant des kystes présents dans les matières fécales, soit de manière directe (mains sales, pratiques sexuelles), soit par l’intermédiaire de l’eau ou d’aliments souillés.
Quelles sont les manifestations cliniques ?
• L’incubation varie d’une dizaine de jours à plusieurs mois et peut rester asymptomatique.
• Lorsqu’elle est symptomatique, elle peut se manifester par une dysenterie (amibiase intestinale) ou, dans les formes plus sévères, par des atteintes viscérales, notamment hépatiques.
Amibiase intestinale : les symptômes vont de la simple diarrhée à une colite hémorragique sévère. Symptômes typiques de la dysenterie amibienne aiguë : douleurs abdominales avec épreintes (douleurs coliques violentes) et ténesmes (faux besoin), diarrhées afécales avec glaires et sang (5 à 10 selles par jour voire plus). Il n’y a habituellement pas de fièvre. Le diagnostic est confirmé par l’examen parasitologique des selles.
Amibiase hépatique : elle fait toujours suite à une amibiase intestinale, symptomatique ou non (quelques semaines à quelques mois voire années). Typiquement : survenue brutale d’une fièvre élevée (39-40 °C) et douleurs abdominales au niveau de l’hypocondre droit. Le diagnostic, urgent, associe sérodiagnostic et échographie hépatique.
Quelle est l’évolution ?
Amibiase intestinale : des formes fulminantes très graves existent mais sont rares. En l’absence de traitement, les symptômes peuvent s’améliorer spontanément ou évoluer vers la chronicité (colite chronique postamibienne, rare) ou vers la dissémination à d’autres tissus (lorsque les amibes gagnent la circulation sanguine).
Amibiase hépatique : en l’absence de traitement, l’évolution est souvent fatale avec risque de rupture de l’abcès et de complications pulmonaires (abcès).
Quel est le traitement ?
Curatif (par amœbicide) et symptomatique (réhydratation, antispasmodique ; les ralentisseurs du transit étant contre-indiqués).
Amibiase intestinale : un traitement par amœbicide initié rapidement évite l’extension vers les viscères. Il est réalisé en 2 temps : traitement par un amœbicide tissulaire (dérivé imidazolé) per os ou en injectable (à l’hôpital) en cas d’intolérance alimentaire, suivi d’un traitement de 10 jours par amœbicide de contact (Intétrix) pour éviter les rechutes.
Amibiase hépatique : l’hospitalisation est recommandée. Traitement identique à l’amibiase intestinale. Si besoin ponction échoguidée de l’abcès pour évacuer le pus et soulager la douleur.
Porteurs asymptomatiques : dans les zones non endémiques, l’OMS recommande le traitement par un amœbicide de contact pour réduire le risque de transmission.
EN PRATIQUE
• Toute diarrhée, douleurs abdominales, coliques ou fièvre survenant lors d’un séjour dans un pays tropical ou à son retour nécessite de consulter rapidement un médecin.
• La prévention est essentielle. Les recommandations d’hygiène sont à respecter tout le long du séjour : lavage des mains (ou utilisation d’une solution hydroalcoolique) avant les repas et toute manipulation d’aliments, après chaque passage aux toilettes. Consommation d’eau en bouteille encapsulée ou rendue potable : filtration, ébullition 1 minute ou désinfection à base de DCCNa type Aquatabs, Micropur Forte, MicropurExpress… Le chlore (Hydroclonazone) est inefficace. Peler les fruits et les légumes. Eviter les crudités.
Sources : « Parasitoses digestives », Dr Alexandra Faussart, Pr Martin Danis, La Revue du praticien, vol. 58, 15 janvier 2008 ; « Une gastroentérite persistante », La Revue du praticien, tome 23, n° 816, 25 février 2009 ; « Amibiase », www.pasteur.fr, www.vidalonline.com.
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