La chimioprophylaxie contre le paludisme

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Publié le 2 juillet 2011 | modifié le 18 août 2025
Par Nathalie Belin
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Qu’est-ce que c’est ?

• La chimioprophylaxie antipaludique a pour objectif d’enrayer la prolifération de parasites du genre Plasmodium, éventuellement inoculés lors d’une piqûre de moustique.

• La prophylaxie contre le paludisme fait aussi appel aux répulsifs cutanés, à l’emploi de vêtements et de moustiquaires de préférence imprégnés d’insecticides.

• Aucun de ces moyens n’assure à lui seul une protection totale, il faut les associer.

Quels sont les zones à risque ?

• Le paludisme sévit essentiellement en zones intertropicales mais il existe de grandes variations selon les régions (risque moindre en zone urbaine), l’altitude (habituellement pas au-dessus de 1 500 m en Afrique) et le climat (régions chaudes et humides à risque).

Comment choisir les molécules ?

Le choix du médicament dépend de l’existence de résistances du parasite dans la zone visitée* et de la tolérance du patient à la molécule.

• Zones de chloroquino- ou multirésistance

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L’atovaquone-proguanil et la méfloquine sont le plus souvent utilisés car efficaces dans la plupart des pays (groupe 2 et 3).

La doxycycline a un intérêt limité aux zones de multirésistance (certains pays du groupe 3).

• Dans les autres situations

L’association proguanil-chloroquine est utilisée en zones de faible résistance (certains pays du groupe 2).

La chloroquine est réservée aux zones (très rares) dans lesquelles il n’y a pas de chloroquinorésistance (pays du groupe 1). Son utilisation doit être très restreinte.

Quelles sont les contre-indications ?

• Malarone : elle n’est recommandée chez la femme enceinte qu’en l’absence d’alternatives. Forme adulte réservée aux patients de plus de 50 kg.

• Lariam : antécédents de troubles neuropsychiques (dépression…), de convulsions ou prise de valproate de sodium.

• Doxypalu : 2e et 3e trimestres de la grossesse (risque de coloration des dents de lait de l’enfant), enfant de moins de 8 ans, prise concomitante de rétinoïdes (risque d’hypertension intracrânienne).

• Il est dans tous les cas formellement déconseillé aux femmes enceintes de se rendre en zone d’endémie.

Quels sont les effets indésirables ?

• Malarone : rares troubles digestifs : prendre avec un repas ou une boisson lactée.

• Lariam : insomnies, hallucinations, céphalées, convulsions voire tentative de suicide. Arrêt du traitement en cas de tristesse inexpliquée, vertiges…

• Doxypalu : photosensibilisation, troubles digestifs, ulcérations œsophagiennes (prise éloignée du coucher).

• Savarine : troubles digestifs, troubles de l’accommodation, réaction allergique, prurit.

Quels conseils donner ?

• Prendre le médicament au milieu d’un repas.

• Toute pathologie fébrile après 10 jours sur place ou au retour d’une zone à risque nécessite une consultation en urgence.

• Séjours très courts (< 7 j) ou longs (plus de 6 mois : le traitement peut être modulé. Pas de chimioprophylaxie, ou prise intermittente.

LES CHIFFRES

• 4 principales espèces : Plasmodium falciparum, P. vivax, P. malariae, P. ovale.

• P. falciparum, la plus répandue (86 %), est à l’origine d’atteintes parfois mortelles.

• Chaque année, 4 000 à 6 000 Français sur 3 millions de voyageurs en pays tropicaux font un accès palustre.