Des lémuriens pour cobayes

Réservé aux abonnés
Publié le 12 mai 2012
Par Myriem Lahidely
Mettre en favori

Le laboratoire Mécanismes moléculaires dans les démences dégénératives (MMND) de l’université Montpellier II expérimente sur des lémuriens Microcebus murinus un vaccin contre la maladie d’Alzheimer. « Ces primates sont phylogénétiquement beaucoup plus proches de l’homme que les rongeurs » explique Jean-Michel Verdier, directeur du laboratoire qui observe les modifications de comportement et de cerveau de ces petits animaux au cours de leur vieillissement. « Aux États-Unis, dans les années 2000, un vaccin expérimenté avec succès sur des souris transgéniques s’était soldé par la mort de 11 patients sur 372 lors des essais cliniques » rappelle-t-il. En collaboration avec une équipe de New York, le laboratoire montpelliérain – qui a démontré la toxicité de ce vaccin sur les petits primates – a entrepris des essais avec un produit modifié, tablant sur une moindre toxicité pour l’homme. « Nos lémuriens ne sont pas transgéniques contrairement aux souris de laboratoire dont les souches ont toutes le même fonds génétique et ne peuvent servir la recherche sur certaines pathologies humaines » précise le chercheur. Notamment celles liées à la protéine amyloïde, à l’origine de la maladie d’Alzheimer. « On fait fabriquer cette protéine de façon rapide et intense chez la souris mais cela ne reflète pas la réalité de ce qui se passe chez les humains. » Le laboratoire teste actuellement des composés susceptibles de servir de base à des médicaments que l’industrie pharmaceutique pourrait développer. « Ce ne sera pas avant 5 à 10 ans » temporise le chercheur.

Publicité