Des bactéries pour diagnostiquer une maladie

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Publié le 5 décembre 2015
Par Myriem Lahidely
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Une bactérie « intelligente » capable de mesurer le taux de glucose d’un diabétique vient d’être mise au point par des chercheurs montpelliérains*. « Des micro-organismes vivants dotés d’un équipement enzymatique et biochimique peuvent servir de dispositif de diagnostic médical », résume le Pr Eric Renard (service endocrinologie, diabétologie, nutrition, CHRU de Montpellier). Les chercheurs ont introduit dans le génome d’Escherichia coli un fragment d’ADN synthétique qui l’a rendu sensible à la présence de glucose. « Ce colibacille assez polyvalent comporte des systèmes de détection utiles à sa survie en milieu hostile. Nous utilisons cet équipement naturel pour repérer des marqueurs cliniques d’intérêt médical dans des milieux biologiques », explique le professeur.

Les bactéries modifiées sont encapsulées dans de l’alginate. Mises au contact de l’urine du patient diabétique ou de son plasma, sous forme de billes blanches, elles deviennent capables d’exprimer un gène qui produit une couleur rouge visible à l’œil nu. « Le glucose originel donne un signal très faible, mais nous avons mis au point un système qui l’amplifie dès que le seuil pathologique est franchi », précise Jérôme Bonnet, au centre de biochimie structurelle de Montpellier. Encore au stade de preuve de concept, cette application pourrait permettre de détecter d’autres molécules – agent infectieux, acide lactique, alcool… – et, peut-être aussi, de mettre au point des thérapies, pour lutter contre le cancer notamment.

* CHRU, INSERM, CNRS et université de Stanford aux Etats-Unis.

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