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Beaucoup de faux allergiques
De nombreux patients sont considérés comme allergiques à l’aspirine ou à la pénicilline. Mais le sont-ils réellement ? Majoritairement non, d’après deux études présentées au congrès de l’ACAAI (American College of Allergy, Asthma & Immunology) début novembre. Elles concluent dans le même sens : en l’absence de confirmation du diagnostic d’allergie, ces patients se voient administrer d’autres médicaments qui peuvent s’avérer moins efficaces et/ou moins bien tolérés, ou plus coûteux.
La situation est transposable en France. « Neuf fois sur dix, le bilan ne retrouve pas d’allergie aux bêtalactamines chez les patients qui se disent allergiques. L’interrogatoire ou la lecture du carnet de santé peut apporter des informations. Le terme d’allergie est parfois utilisé à tort en cas de mycose ou de troubles digestifs », explique le Dr Jean-François Fontaine, allergologue au CHU de Reims. Au moindre doute, un bilan allergologique doit être établi chez les personnes ayant développé des réactions IgE-dépendantes (urticaire, bronchospasme, œdème laryngé…).
L’abstention est de mise en cas de réaction de type bulleuse. « Pour l’aspirine, il n’existe pratiquement pas d’allergie IgE-dépendante. On parle plutôt d’intolérance. Les tests cutanés sont souvent négatifs, et il n’y a pas de test biologique pertinent », précise le spécialiste. La seule manière d’identifier une vraie allergie est alors d’effectuer un test de réintroduction en milieu hospitalier.
Face à un patient qui se déclare allergique, le pharmacien peut s’enquérir de la nature des symptômes et des éventuels tests effectués. Le médecin traitant se prononcera sur l’utilité de faire un bilan allergologique. En attendant, il est impératif de respecter une règle de base: tant que le diagnostic d’allergie n’est pas infirmé, la molécule incriminée ne doit jamais être réintroduite, même à très faible dose.
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