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La vente des tests de grossesse en GMS
Chantal Thomas, Strasbourg (Bas-Rhin)
Je vends 30 tests par mois. Si demain je n’en vends plus parce que mes clientes sont parties les acheter en grande surface, on pourra considérer qu’il y a préjudice financier. Pris isolément, ce préjudice n’est pas important, mais quand on l’additionne à d’autres, cela finit par faire des pertes. Je crains que les centrales d’achats de la grande distribution n’obtiennent des prix très agressifs pour en faire des produits d’appel. Je m’attends à une réduction de moitié de mes ventes, entre les clientes qui recherchent les prix les plus bas et celles qui aspirent à un achat anonyme. Bien sûr, il y a aussi celles qui viendront en officine uniquement pour le conseil…
Hervé Burtin, Fleury-la-Vallée (Yonne)
La perte ne serait pas énorme. Elle proviendrait davantage de la répétition du passage de produits en GMS. Plus embêtant, le test de grossesse est un produit d’appel auprès des jeunes femmes pour des achats complémentaires en parapharmacie (hygiène, bébé, cosmétiques…). La GMS la plus proche de mon officine se situant à 12 km, je pense que je conserverai la vente des tests achetés dans l’urgence. Selon les marques, je vends mes tests de grossesse entre 4,50 € et 5 €, mais je suis prêt à m’aligner sur les prix de la GMS s’il le faut. Grâce à la centrale d’achats de mon groupement, je peux baisser les prix à 2,50 €.
Philippe Damon, Le Rheu (Ille-et-Vilaine)
Le préjudice est plus moral que financier. La raison économique invoquée pour sortir les tests de grossesse du monopole est un faux argument. Elle accrédite l’idée dans l’inconscient collectif qu’un certain nombre de produits n’ont pas leur place en pharmacie. Il y a des distorsions de prix entre officines mais pas de problème de prix. La médication familiale est convoitée par la grande distribution, la sortie des tests de grossesse ne ferait qu’aller un peu plus dans cette direction. En tout cas, cela ne va pas dans le sens de la santé publique, alors que le médicament est un produit de plus en plus anxiogène pour les Français et que les exigences de sécurité sanitaire se multiplient.
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