Des médicaments toxiques pour l’environnement

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Publié le 8 juin 2013
Par Myriem Lahidely
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Fin mai, l’URPS-Médecins du Languedoc-Roussillon a mis en ligne sur son site la liste des 1 000 principaux médicaments de toutes les spécialités comprenant un indice PBT (persistance, bioaccumulation et toxicité). « Cet indice de 0 à 9 classe les médicaments en fonction de leur écotoxicité, c’est-à-dire du danger potentiel à long terme que leurs résidus représentent pour l’environnement en s’accumulant dans la chaîne alimentaire », explique le Dr Jean-Paul Ortiz, président de l’URPS. Si le risque est négligeable pour une majorité de molécules, il s’avère élevé pour certaines couramment prescrites comme, par exemple, l’antifongique terbinafine, l’anticancéreux tamoxifène, l’antidépresseur citalopram ou encore l’antinauséeux aprépitant.

« L’impact de la prescription n’est pas nul. S’il est possible de choisir entre deux molécules, il vaut mieux opter pour celle dont l’indice PBT est le plus bas, comme par exemple prescrire de l’énalapril (PBT à 3) à la place du ramipril », explique Jean-Paul Ortiz. Le médecin dénonce d’ailleurs l’opacité qui règne sur le sujet. « Depuis 2006, tout dossier d’AMM a l’obligation de préciser l’impact environnemental des molécules. Or, cette donnée n’est pas rendue publique, et même les professionnels de santé n’y ont pas accès. Pourquoi ne pas la communiquer ? », s’interroge-t-il.

En publiant cette liste de molécules qui a été établie en Suède, où existe un plan global de prévention, l’URPS veut sensibiliser la profession à des solutions moins polluantes. « C’est un geste symbolique qu’il serait logique de reprendre dans les logiciels de prescription ou dans le Vidal », conclut Jean-Paul Ortiz.

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