© La livraison de médicaments à domicile connaît une progression très importante depuis le début du confinement - Elionas/Pixabay
Covid-19 : le boom de la livraison au domicile
L’épidémie de Covid-19 a un effet de propulsion sur la livraison de médicaments au domicile. En parallèle de l’initiative qui réunit les syndicats de pharmaciens FSPF et UNPF avec la Croix-Rouge française, les prestataires qui opèrent pour les officines relèvent des volumes de livraison de 4 à 5 fois plus élevés depuis une dizaine de jours. En cause, bien-sûr, la limitation des déplacements et dans l’esprit de certains patients la perception d’un risque à se rendre à l’officine.
« Le flux le plus important de commandes concerne le médicament, avec en premier lieu des antalgiques. Il y a aussi de nombreuses demandes pour des renouvellements d’ordonnance », indique Doria Barchiche, fondatrice de la société Otzii. Le tiers des volumes concerne la parapharmacie : des savons, mais aussi des gels douche et des soins pour le corps. Le confiné a plus de temps pour s’occuper de lui…
Les prestataires se sont rapidement adaptés à cette situation d’urgence. Tous ont mis en œuvre les mesures de livraison sans contact édictées par le gouvernement, de même que des précautions matérielles, avec le port de masques et la désinfection du véhicule de livraison. Les contacts sont réduits au minimum. « A son approche, le livreur prend contact avec le client, qui peut suivre son avancée sur notre application. De même que pour les officines, où nos livreurs n’y entrent pas récupérer le paquet scellé », explique Doria Barchiche. Autre simplification : cette société a modifié le processus de digitalisation des documents (ordonnance, attestation carte Vitale et carte mutuelle) pour éviter au livreur d’aller les chercher au préalable au domicile.
Pour l’heure, les sociétés n’ont pas massivement renforcé leurs équipes. « Nous planifions toujours notre recrutement avec une vision sur les deux prochains mois », explique Samy Layouni, directeur général de Minute Pharma. Chez Otzii, on indique que la situation ne laisse pas de temps à la formation de nouveaux livreurs. Les délais d’approvisionnement s’en trouvent rallongés mais les clients ne s’en plaignent pas.
Comme pour la consultation médicale à distance, il y aura un avant et un après épidémie de Covid-19. « Cette crise a validé l’intérêt des solutions de livraison à domicile, indique Samy Layouni. Nous avons pu finaliser des échanges qui avaient débuté depuis plus d’un an avec les groupements PHR et Pharmactiv ». Pour Doria Barchiche, la situation actuelle a élargit le besoin au-delà des personnes âgées, des parents d’enfants malades et d'usagers du digital. « Beaucoup de demandes proviennent de quadras qui ont commandé pour un parent ou un tiers isolé. »
Dans ce contexte, un nouvel acteur vient de se lancer. La Poste ayant allégé l’intervention de ses facteurs, elle sous-traite ce service de livraison de médicaments à sa filiale Stuart, qui officie déjà dans 80 villes en France pour des groupes comme Carrefour, Monoprix, McDonald's ou la Fnac. Prestataire pour le réseau Aprium et désireuse d’investir le circuit de distribution officinal, elle propose, pour la période actuelle, une offre à 6 euros TTC pour des livraisons à vélo à moins de 10 kilomètres.
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