« On est au bout du rouleau »

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Publié le 26 juin 2010
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Assez de mots, des actes » a écrit récemment Philippe Gaertner [président de la FSPF] à tous ses confrères, en nous parlant de ce qu’il attend des pouvoirs publics. Je crois malheureusement que l’on peut lui demander la même chose. Car, après 30 ans de reculs résignés et d’appels à rester unis (unis pour ne rien faire) […] la profession […] est arrivée au bout du rouleau. Il n’y a plus de recul possible. Et pourtant, on va encore nous en imposer un. Les recommandations du « Groupe de travail sur la rémunération » ne seront, après une longue attente pour gagner du temps, évidemment pas validées par les arbitrages ministériels. Croire qu’au moment du serrage de ceinture généralisé, peu de temps avant des élections importantes, le gouvernement va augmenter gentiment le bénéfice des pharmaciens, c’est de l’inconscience. Il faudrait au moins donner la preuve à l’opinion que les officinaux sont contraints de faire preuve d’une combativité inhabituelle de la part d’une profession généralement absente du débat. A notre époque, on est entendu que si l’on a un pouvoir de nuisance. Et ce moyen existe, respectant les règles du succès : mettre l’opinion publique de notre côté, ne pas fragiliser l’économie de l’officine, faire jouer la durée en notre faveur, être efficace même si tous les confrères ne suivent pas.

Il reste à lever la dernière inconnue : Ordre, UNPF, USPO, Fédération, groupements, tous sont-ils prêts a s’engager dans cette action ? Ou bien va-t-on encore entendre les prétextes habituels : ce n’est pas le moment, etc. ? Après les médecins, les dentistes, on commence à manquer de pharmaciens pour reprendre les officines, qu’elles soient grosses, moyennes ou petites. Les jeunes comprennent qu’avec une Sécu qui ne peut plus rien payer les activités médicales, et surtout les activités « prescrites », c’est la certitude d’avoir une vie médiocre sur le plan financier. Bref, représentants de la profession, l’époque « ça durera bien autant que moi » est terminée, le moment d’une combativité bien étudiée est venu.

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