Attali prescrit une cure d’austérité

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Publié le 10 juillet 2010
Par Magali Clausener
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Le 8 juin dernier, la Commission pour la libération de la croissance française remettait à Nicolas Sarkozy un prérapport sur le bilan de mise en œuvre des mesures qu’elle avait proposées en 2008 : 40 % des 316 décisions n’ont pas été appliquées. D’après un document de travail confidentiel daté du 25 juin et mis en ligne par Le Nouvel Observateur, la commission propose donc de nouvelles mesures – draconiennes – pour contenir les dépenses publiques, y compris celles de santé. L’objectif est de réaliser 90 milliards d’euros d’économies entre 2011 et 2013. Au programme : le respect de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie, lequel peut passer par un déremboursement intégral des médicaments à service médical rendu faible (vignettes bleues et orange) pour 1 milliard d’euros d’économie par an, la mise en place d’une participation financière plafonnée des malades en affection de longue durée (770 M€ par an) et le développement de l’hospitalisation à domicile (350 M€ par an).

Des primes pour les faibles prescripteurs

Les administrations sociales ne seraient pas non plus épargnées avec le renforcement de la gouvernance à l’hôpital et la rationalisation de la carte hospitalière. Sans oublier le développement de la logique du « paiement à la performance » (sic), c’est-à-dire le versement de primes lié à la modération des prescriptions. La commission préconise aussi une exploitation des marges sur les dépenses de radiologie, biologie et transports sanitaires, et « un meilleur partage entre le privé et le public dans la prise en charge des dépenses », par exemple en modulant les taux de remboursement de la Sécurité sociale selon le profil des assurés sociaux (moyens de l’assuré ou importance de l’acte médical) ou des paniers de soins.

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