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La chimioprophylaxie contre le paludisme
Qu’est-ce que c’est ?
• La chimioprophylaxie antipaludique a pour objectif d’enrayer la prolifération de parasites du genre Plasmodium, éventuellement inoculés lors d’une piqûre de moustique.
• La prophylaxie contre le paludisme fait aussi appel aux répulsifs cutanés, à l’emploi de vêtements et de moustiquaires de préférence imprégnés d’insecticides.
• Aucun de ces moyens n’assure à lui seul une protection totale, il faut les associer.
Quels sont les zones à risque ?
• Le paludisme sévit essentiellement en zones intertropicales mais il existe de grandes variations selon les régions (risque moindre en zone urbaine), l’altitude (habituellement pas au-dessus de 1 500 m en Afrique) et le climat (régions chaudes et humides à risque).
Comment choisir les molécules ?
Le choix du médicament dépend de l’existence de résistances du parasite dans la zone visitée* et de la tolérance du patient à la molécule.
• Zones de chloroquino- ou multirésistance
L’atovaquone-proguanil et la méfloquine sont le plus souvent utilisés car efficaces dans la plupart des pays (groupe 2 et 3).
La doxycycline a un intérêt limité aux zones de multirésistance (certains pays du groupe 3).
• Dans les autres situations
L’association proguanil-chloroquine est utilisée en zones de faible résistance (certains pays du groupe 2).
La chloroquine est réservée aux zones (très rares) dans lesquelles il n’y a pas de chloroquinorésistance (pays du groupe 1). Son utilisation doit être très restreinte.
Quelles sont les contre-indications ?
• Malarone : elle n’est recommandée chez la femme enceinte qu’en l’absence d’alternatives. Forme adulte réservée aux patients de plus de 50 kg.
• Lariam : antécédents de troubles neuropsychiques (dépression…), de convulsions ou prise de valproate de sodium.
• Doxypalu : 2e et 3e trimestres de la grossesse (risque de coloration des dents de lait de l’enfant), enfant de moins de 8 ans, prise concomitante de rétinoïdes (risque d’hypertension intracrânienne).
• Il est dans tous les cas formellement déconseillé aux femmes enceintes de se rendre en zone d’endémie.
Quels sont les effets indésirables ?
• Malarone : rares troubles digestifs : prendre avec un repas ou une boisson lactée.
• Lariam : insomnies, hallucinations, céphalées, convulsions voire tentative de suicide. Arrêt du traitement en cas de tristesse inexpliquée, vertiges…
• Doxypalu : photosensibilisation, troubles digestifs, ulcérations œsophagiennes (prise éloignée du coucher).
• Savarine : troubles digestifs, troubles de l’accommodation, réaction allergique, prurit.
Quels conseils donner ?
• Prendre le médicament au milieu d’un repas.
• Toute pathologie fébrile après 10 jours sur place ou au retour d’une zone à risque nécessite une consultation en urgence.
• Séjours très courts (< 7 j) ou longs (plus de 6 mois : le traitement peut être modulé. Pas de chimioprophylaxie, ou prise intermittente.
LES CHIFFRES
• 4 principales espèces : Plasmodium falciparum, P. vivax, P. malariae, P. ovale.
• P. falciparum, la plus répandue (86 %), est à l’origine d’atteintes parfois mortelles.
• Chaque année, 4 000 à 6 000 Français sur 3 millions de voyageurs en pays tropicaux font un accès palustre.
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