Les médicaments par la force

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Publié le 15 décembre 2001
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Dans la nuit du 6 décembre 2000 un pharmacien des Hauts-de-Seine, de garde de nuit, fut amené sur réquisition, à délivrer gratuitement à des agents de la force publique des médicaments.

L’ordonnance qui provenait du centre médico-judiciaire de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches était au bénéfice d’un délinquant placé en garde à vue suite à une procédure de flagrant délit.

Un mémoire de frais fut remis au pharmacien pour remboursement.

Le lendemain, il adressa sa demande au Parquet du tribunal de grande instance (section des stupéfiants).

Il lui fut répondu que les médicaments ne rentraient pas dans la catégorie des frais de justice et qu’il devait en demander le remboursement au centre de Sécurité sociale du prévenu ! (alors qu’aucun document de cet ordre n’avait été présenté par l’autorité de police).

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A ce jour, un an plus tard, malgré de nombreux recours et notamment auprès du fonctionnaire ayant exercé la réquisition, notre confrère n’a toujours pas été remboursé !

On peut s’interroger sur cette nouvelle formule de « délivrance de médicaments » qui était jusqu’à maintenant pratiquée par les drogués et les braqueurs de pharmacie.

Il serait temps que les choses soient clairement dites :

Est-ce qu’au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat, un pharmacien est censé remettre gratuitement au premier fonctionnaire en tenue qui se présente, tout médicament toxique ou stupéfiant ?

N’est-on pas en train d’assister à la dérive d’un gouvernement pratiquant l’abus de pouvoir auprès d’un pharmacien qui est déjà la variable d’ajustement financière de la Sécurité sociale et pourrait le devenir pour les dépenses de santé du ministère de la Justice ?

La justice s’applique à tous, même au pharmacien qui a le droit d’être respecté !