- Accueil ›
- Profession ›
- Socioprofessionnel ›
- La guerre aux bactéries
La guerre aux bactéries
L‘actualité nous le rappelle : la France peut être amenée à participer à des opérations au cours desquelles des agents nucléaires, bactériologiques ou chimiques pourraient être employés. Devant l’émergence de ces nouveaux risques, l’armée a mis en place des équipes de chercheurs composées de pharmaciens, médecins, vétérinaires et techniciens civils. Leur mission : développer des outils de protection ainsi que des traitements préventifs et curatifs. Localisé à Grenoble, le centre de recherche du service de santé emploie plus de 300 personnes dont une dizaine de pharmaciens répartis essentiellement dans les départements de biologie et de toxicologie.
Le premier étudie les maladies infectieuses survenant dans les zones d’intervention, les pathologies émergentes et les agents « militarisables ». Il met au point et contrôle l’efficacité de certains traitements antiviraux ou antipaludéens. Le second traque les effets neurobiologiques, physiopathologiques et comportementaux des intoxications par les neurotoxiques de guerre et les toxines convulsivantes. « Ces différentes recherches ont permis notamment la réalisation d’une seringue à deux compartiments pour le traitement d’urgence d’une intoxication aux neurotoxiques organophosphorés. Il sera produit en 2004 par la Pharmacie centrale des armées. Elles ont également conduit à la mise au point de solutions de décontamination et de kits de détection d’agents toxiques utilisables par les militaires sur les théâtres d’opérations, précise le pharmacien-chimiste chef des services Renaudeau. Nos services développent également des techniques de diagnostic rapide de virus de plus en plus performantes. Nos principales préoccupations portent d’ailleurs sur les affections bactériennes et virales. » Les récents risques liés à la maladie du charbon apparus après les attentats du 11 septembre n’ont pas été négligés : « Les dotations en doxycycline ont été revues à la hausse et d’ici quelque temps la PCA produira pour son propre compte cette molécule », ajoute le général Renaudeau. Le risque nucléaire n’est pas oublié. La PCA produit des comprimés d’iodure de potassium mais aussi des chélateurs d’agents radiologiques absorbables et/ou injectables.
En cas de conflit, les pharmaciens peuvent aussi se rendre sur les champs de bataille. « Tout d’abord, ils doivent assurer le ravitaillement en médicaments et matériels aux troupes. Ensuite, ils sont en charge du laboratoire de biologie polyvalente. Enfin, ils conseillent l’état-major sur la préparation des solutions de décontamination, le mécanisme d’action des toxiques, leurs symptomatologies ainsi que sur la bonne utilisation du matériel. » Un rôle capital car certains agents franchissent la barrière cutanée en moins de deux minutes.
« Avec l’arrivée de ces nouvelles armes, la formation des pharmaciens militaires a été renforcée. Depuis trois ans les étudiants de l’école de santé suivent un stage de spécialisation dans la lutte NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique) à Draguignan. »
- Rémunération des pharmaciens : une réforme majeure se prépare-t-elle ?
- Les métiers de l’officine enfin reconnus à risques ergonomiques
- Remises génériques : l’arrêté rectificatif en passe d’être publié
- Réforme de la rémunération officinale : quelles sont les propositions sur la table ?
- Paracétamol : quel est cet appel d’offres qui entraînera des baisses de prix ?
- Comptoir officinal : optimiser l’espace sans sacrifier la relation patient
- Reishi, shiitaké, maitaké : la poussée des champignons médicinaux
- Budget de la sécu 2026 : quelles mesures concernent les pharmaciens ?
- Cancers féminins : des voies de traitements prometteuses
- Vitamine A Blache 15 000 UI/g : un remplaçant pour Vitamine A Dulcis
