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Les médicaments
Le mensuel Sciences et vie livre à ses lecteurs « Le dossier vérité » sur les médicaments en passant en revue « ceux qui soignent, ceux qui tuent et ceux qui ne servent à rien ». Cet intitulé, a priori racoleur, cache une enquête de 50 pages fort bien documentée. Elle ne laissera pas indifférents les patients peu souvent confrontés à la remise en cause de l’efficacité de leurs traitements.
La rédaction a passé au crible les 200 médicaments les plus remboursés. Avec, pour juges de leur intérêt thérapeutique, les résultats des études cliniques ainsi que les avis rendus par la commission de la transparence et la revue Prescrire. Autant dire d’emblée que ce tribunal ne glorifie pas l’industrie pharmaceutique.
Si 69 spécialités « représentent un vrai progrès », 91 autres, estimées utiles, « n’apportent rien de nouveau en termes d’efficacité, contrairement à ce qu’affirment leurs promoteurs ». Et de dénoncer la politique des « me-too » sur un marché visiblement à cours de véritables innovations. Sont pointés du doigt les différents triptans et le laboratoire AstraZeneca pour le lancement d’Inexium alors qu’il détient (plus pour très longtemps…) le brevet du Mopral.
Trente-trois médicaments se voient affublés de la mention « efficacité non démontrée ». Ce sont plus précisément les candidats au déremboursement, dont le service médical rendu s’avère, selon la Commission de transparence, insuffisant. Sur la sellette : les veinotoniques, les vasodilatateurs et d’autres produits comme le Spasfon, qualifiés de « traitements dignes du Dr Knock » à effet placebo. L’argument de défense du LEEM – évoquant l’utilité sociale de ces médicaments – sera-t-il entendu par Jean-François Mattei ?
Le verdict, sans appel, désigne sept suspects dangereux dont les risques se révèlent supérieurs aux bénéfices. A commencer par les deux cérivastatines Staltor et Cholstat, déjà retirées du marché. Quant à Art 50 et Cyclo 3, ils sont accusés non seulement de ne pas avoir d’efficacité démontrée mais aussi d’engendrer des effets secondaires comme des diarrhées (chez 30 % des patients pour la diacerhéine). L’article déconseille fortement la prise de Flécaïne et de Ticlid en raison de la fréquence de leurs effets indésirables (graves pour le flécaïnide) et de l’existence, dans la même classe thérapeutique, de médicaments mieux tolérés (respectivement Cordarone et Plavix). Enfin, des preuves cliniques justifiant l’indication de Mediator dans la prévention des complications de l’athérosclérose manqueraient.
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