Contraception d’urgence : priorité à la formation

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Publié le 19 avril 2003
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Jean-Jacques Des Moutis, président du conseil de l’Ordre d’Ile-de-France, s’est à plusieurs reprises inquiété dans la presse de l’inadéquation entre le décret autorisant la délivrance gratuite de la « pilule du lendemain » aux mineures sans prescription médicale et la pratique. Il n’a donc pas hésité à organiser une conférence sur le sujet en conviant Justine Clément, journaliste à Elle et auteur d’un article (paru fin 2002) mettant au jour le refus de la délivrance gratuite aux mineures. « J’ai envoyé ma fille de 15 ans dans une vingtaine de pharmacies, seules deux ont accepté de lui donner la contraception gratuitement et ont pris la peine de la conseiller, raconte-t-elle. Ce qui me choque vraiment, ce sont les raisons financières et non morales qui motivent le refus. Car si ma fille était prête à payer, on acceptait de lui vendre la pilule. »

Déplorant cette situation, Jean-Jacques Des Moutis a rappelé que, malgré une mise en place laborieuse, le remboursement du NorLevo fonctionne désormais parfaitement bien. Et d’ajouter : « Nous n’hésiterons pas à faire du disciplinaire si un confrère fait preuve de mauvaise volonté. » Etonnamment, c’est le Dr Jacqueline Mazzola, gynécologue et membre de l’Association française pour la contraception, qui a pris la défense des officinaux : « Avant de donner des coups de bâton aux pharmaciens, il faut les former sur la contraception d’urgence. » Puis elle a insisté sur la bonne tolérance du NorLevo. « En aucun cas, il ne faut refuser de délivrer même si la mineure revient plusieurs fois. Il n’y a pas de danger pour l’organisme, on donne bien des progestatifs en continu à la ménopause ! En revanche, le pharmacien se doit d’orienter systématiquement la jeune fille vers le planning familial ou de lui indiquer le numéro Vert « Ecoute, sexualité, contraception »* pour la mise en place d’une contraception au long cours. »

* 0 800 803 803.

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