Etude médicam : L’Assurance maladie dénonce les stratégies commerciales des laboratoires face aux génériques

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Publié le 13 septembre 2003
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Selon la 4e édition de l’étude Médicam, les dépenses de médicaments 2002 (hors spécialités en double circuit) ont représenté 16 milliards d’euros. Mopral, Tahor et Plavix occupent les trois premières places du podium (en montants). Les produits les plus prescrits restent les antalgiques (270 millions de boîtes, + 10 %) devant les psychotropes (20,1 millions, + 6,8 %).

La CNAM se pose des questions sur les causes de certaines hausses importantes de prescriptions : pour les antalgiques, elle hésite entre une meilleure prise en charge de la douleur ou la banalisation de la consommation ; concernant les psychotropes, « comment expliquer la progression de cette consommation alors que la France est déjà le pays qui consomme le plus de psychotropes ? », s’interroge-t-elle ; à propos de la croissance toujours spectaculaire des statines – Tahor, Zocor (6e en montants) -, elle note le non-respect fréquent des recommandations de bonnes pratiques 2000 ; elle regrette enfin la prescription de Plavix hors AMM (dans 30 % des cas), et s’étonne encore et toujours de la coprescription de coxibs avec des protecteurs gastriques… Par ailleurs, 21 des 100 premiers produits du palmarès ont un SMR insuffisant (19 % des unités prescrites, 6 % des dépenses, soit 1 milliard d’euros) : la croissance des veinotoniques (+ 9 %) est notamment sur la sellette. Les anti-infectieux, « essentiellement les antibiotiques », sont la seule classe thérapeutique qui diminue.

Concernant les montants remboursés (+ 7,4 % avec la rétrocession), l’augmentation serait surtout due à la part croissante des produits chers dans les prescriptions. Par ailleurs, la CNAM stigmatise le comportement des laboratoires pour entraver les génériques, tels les nouveaux dosages (Lipanthyl 160, Glucophage 1000, Diamicron 30 mg à libération modifiée), les nouvelles formes galéniques (Prozac dispersible, Azantac effervescent) et la mise au point d’isomères actifs d’une molécule : ésoméprazole (Inexium) avant que l’oméprazole (Mopral) soit génériqué ; idem pour la desloratadine (Aerius) et la loratadine (Clarityne)…

Soulignées par la CNAM, ces pratiques, dénoncées depuis longtemps par l’officine, seront-elles enfin contrées ? Mais il reste que « dès qu’un produit est génériqué, il se voit rattrapé par un autre princeps ».

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