La politique de déremboursement des expectorants fait tousser

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Publié le 12 janvier 2008
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L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) a analysé les conséquences sur la prescription du déremboursement au 1er mars 2006 des mucolytiques et des expectorants utilisés en pneumologie et en ORL. Les résultats, publiés en décembre, sont sans appel : si le nombre total de consultations avec prescription d’expectorants a chuté de 53 %, « le nombre moyen de médicaments différents prescrits par consultation est identique avant et après le déremboursement ».

L’IRDES explique que, depuis le déremboursement, « les prescriptions d’antitussifs et de bronchodilatateurs augmentent pour les bronchites, la toux et la grippe, celles des analgésiques/antipyrétiques pour tous les diagnostics, sauf les affections chroniques des voies respiratoires supérieures, celles des antibiotiques pour les affections aiguës des voies respiratoires supérieures et pour la toux, celles des corticoïdes pour tous les diagnostics sauf la toux ».

Des économies toutes relatives

Les médicaments déremboursés sont donc remplacés par les médecins par d’autres produits, encore remboursés. Et l’IRDES souligne que, « sur le plan médical, certaines de ces évolutions sont peu explicables ». Ainsi, il s’étonne du report vers les antitussifs « car les indications de ces derniers sont inverses de celles des expectorants » ! Enfin, il note que le coût total de l’ordonnance reste le même pour l’assurance maladie comme pour le patient. Quoique. Cette analyse ne tenant pas compte « des éventuelles dépenses liées à une automédication ou au conseil des pharmaciens, elle sous-estime sans doute le coût pour le patient, d’autant plus que, du fait de leur déremboursement, le prix de ces médicaments est devenu entièrement libre et a augmenté », souligne l’IRDES.

Faut-il maintenant douter de l’impact du déremboursement des veinotoniques ?

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