Sécurité sociale : La spirale infernale

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Publié le 26 juin 2004
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Avec une augmentation du déficit de près de 7 MdEuro(s), l’année 2003 a vu la plus forte dégradation financière de l’histoire de la Sécurité sociale. Rien à espérer pour 2004 : les experts de la commission des comptes de la Sécurité sociale attendent un déficit de 12,9 MdEuro(s) pour la seule branche maladie. Pire, pour la première fois depuis dix ans, les autres branches du régime général (vieillesse, travail, famille) afficheront des pertes, soit 14 MdEuro(s) de déficit cumulé.

Cette dégradation exceptionnelle des comptes « est en partie liée à la conjoncture économique qui s’est fortement ralentie à partir de 2002 », précise la commission, pour qui l’amélioration de la conjoncture en 2004 sera insuffisante. En 2003, la croissance des dépenses (+ 7,1 %) s’explique avant tout par celle des soins de ville (6 %), elle-même marquée, comme l’année précédente, par les effets massifs des mesures en faveur des médecins estimés à près de 600 MEuro(s) (effet report des mesures de 2002 et 2003). « Les économies réalisées sur le médicament (baisses de taux de remboursement, déremboursements, développement du générique) ne compensent que la moitié du coût de ces revalorisations. »

Pour 2004, la commission attend une croissance identique et cela malgré les mesures prévues dans la loi de financement de la Sécurité sociale : maîtrise médicalisée des dépenses de santé, deuxième vague de TFR, déremboursements des médicaments à SMR insuffisant, baisse du taux de remboursement de l’homéopathie, baisse de prix des dispositifs médicaux…

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