Santé publique : Les pharmaciens inspecteurs se raréfient, les contrôles aussi…

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Publié le 11 février 2006
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En 2005, aucun recrutement de pharmacien inspecteur de santé publique n’a eu lieu. En 2006, le concours sera probablement annulé. Les postes laissés vacants suite à des mutations ou des départs à la retraite ne seront pas remplacés et le pharmacien inspecteur en charge de la formation initiale et continue à l’Ecole nationale de la santé publique ne sera pas remplacé ! », s’alarme dans un communiqué le Syndicat des pharmaciens inspecteurs de santé publique (SPHISP). « Avec la nouvelle loi de finances, on ne raisonne plus poste par poste, mais par masse budgétaire globale, explique Alain Morin, président du SPHISP. Le ministère de la Santé s’est engagé dans une politique de réduction de ses effectifs via une réduction de sa masse budgétaire de 2 %. Or la priorité est à la prévention plus qu’à l’inspection. »

Aujourd’hui, seulement 200 pharmaciens inspecteurs exercent leur métier dont 130 en région, dans les DRASS. Ils contrôlent non seulement les officines, mais également le circuit des médicaments dans les hôpitaux, tâche qui représente désormais plus de 50 % de leur activité. L’Inspection est également mobilisée par les pouvoirs publics sur des sujets d’actualité comme la pandémie de grippe aviaire ou la distribution d’iode.

Au total, plus de 34 000 établissements de santé privés et publics sont susceptibles d’être inspectés. Conséquence : seules 8 à 9 % des officines sont effectivement contrôlées chaque année, soit en moyenne une inspection tous les 8 ou 10 ans. « Certains pourraient s’en réjouir, note Alain Morin, mais en réalité c’est toute la santé publique et la sécurité sanitaire des Français qui sont aujourd’hui en danger. »

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