Biosimilaires : tour d’horizon des mesures incitatives en Europe

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Biosimilaires : tour d’horizon des mesures incitatives en Europe

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Publié le 17 juillet 2023
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Au sein de l’Union européenne, plusieurs pays ont pris, comme la France, des mesures incitatives pour pousser les médecins à prescrire des médicaments biosimilaires, et générer ainsi des économies pour leur système de santé.

Avec un taux de pénétration de 78 % des médicaments biosimilaires, en pourcentage du chiffre d’affaires (CA) total du groupe biologique, l’Allemagne figure parmi les bonnes élèves de la classe, apprend-on dans une étude réalisée par Iqvia pour Sandoz sur les mesures d’incitation prises en France et en Europe pour accélérer la pénétration des biosimilaires. « Le système de santé allemand est basé sur des quotas de prescription par classe médicamenteuse à ne pas dépasser, et qui peuvent varier en fonction des régions, rappellent les auteurs de cette étude. Cette politique régionale du système de santé allemand ne permet pas d’observer d’incitation appliquée sur l’ensemble du territoire. » Certaines régions ont adopté des mesures d’incitation en complément des quotas, en fixant des objectifs au médecin. « Lorsque ces objectifs sont atteints, le prescripteur est rémunéré selon un modèle de partage des gains, et son quota de médicaments biologiques augmente, ce qui lui permet de prescrire davantage », précisent les auteurs du rapport.

Pour atteindre un taux de pénétration des médicaments biosimilaires de 72 %, l’Angleterre a, elle, mis en place des budgets de prescription contraints via les Clinical commissioning groups (CCG). « Les CCG peuvent mettre en place des politiques de prescription pour encourager l’utilisation de médicaments moins coûteux, notent les auteurs du rapport. Les médecins sont naturellement incités à prescrire des médicaments moins onéreux tels que les biosimilaires. » Des mesures d’incitation basées sur le partage des gains entre le National Health System (NHS) et les prescripteurs ont été également adoptées. « Par exemple, le North Bristol NHS Trust a mis en place en juillet 2015 un programme de partage des économies avec les CCG de North Somerset et South Gloucestershire pour gérer le passage du médicament biologique de référence de l’infliximab à un biosimilaire, relèvent les auteurs de l’étude. Dans ce programme, 50 % des économies générées étaient reversées au médecin prescripteur. Ainsi, sur un total de 65 patients identifiés comme étant sous médicament de référence, 52 sont passés à un biosimilaires en trois mois, ce qui a permis de générer 200 000 € d’économies. »

L’Irlande se distingue, elle, par une incitation financière aux départements cliniques. Elle leur attribue un montant de 500 € pour chaque patient initié ou passé à un médicament biosimilaire. « De mai 2019 à mai 2020, le taux de pénétration pour l’etanercept est ainsi passé de 2 % à plus de 45 % », notent les auteurs du rapport. Cette mesure a également permis de réaliser 22,7 M€ d’économies en un an, 3,6 M€ ayant été rétrocédés aux spécialistes dans le cadre du partage des bénéfices.

De son côté, l’Espagne a privilégié des mesures d’incitation centrées sur l’hôpital. Elle affiche aujourd’hui un taux de pénétration des médicaments biosimilaires de 62 %.

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