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PHARMAGORA : Union sacrée sur le générique entre l’UNCAM, les médecins et les pharmaciens
Tombée deux jours avant Pharmagora, la bonne nouvelle a été annoncée lors du débat sur les génériques organisé par Le Moniteur des pharmacies. L’accord tripartite entre l’UNCAM, les syndicats de pharmaciens et de médecins, qui stipule que ces derniers prescrivent d’une « manière non négligeable » dans le champ du Répertoire, figure dans l’avenant n° 12 de la convention médicale publiée au Journal officiel le 30 mars. Leur engagement se focalise sur quatre classes thérapeutiques à fort potentiel d’économies : les IPP, les statines, les IEC et les sartans, qui devraient arriver ultérieurement dans le Répertoire. Pour lever les derniers freins, le protocole d’accord prévoit une meilleure information entre le médecin et son patient d’une part, et une meilleure communication entre médecin et pharmacien d’autre part, l’objectif recherché étant d’instaurer un langage commun sur la DC pour sécuriser la dispensation du générique. Autre point important de cet accord : les pharmaciens doivent autant que possible délivrer au patient chronique le même générique pour faciliter l’observance.
Laisser le temps aux médecins de changer de mentalité.
Chez les syndicats de pharmaciens comme pour la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le satisfecit est général. « Cet accord constitue le point d’orgue pour arriver à synchroniser nos actions sur le générique qui ont déjà commencé au niveau des commissions paritaires locales », se félicite le Dr Pierre Lévy, secrétaire général adjoint de la CSMF. Pour Gilles Bonnefond, secrétaire général de l’USPO, « cet accord va créer une dynamique supplémentaire et s’inscrit dans la logique de l’accord sur l’objectif de pénétration de 70 % des génériques et des objectifs individuels de substitution des pharmaciens. » Jean-Pierre Lamothe, vice-président de la FSPF, qualifie, lui, l’accord de « partenariat gagnant-gagnant ». Les pharmaciens peuvent donc compter sur de nouveaux alliés, mais Pierre Lévy leur a demandé de faire preuve d’un peu de patience car « il faut donner le temps aux mentalités de changer ». Concernant la réalisation de l’objectif national, Gilles Bonnefond a indiqué que tous les clignotants sont au vert et que la profession est dans le bon tempo pour atteindre l’objectif intermédiaire de 66 %. L’effort des pharmaciens ne doit donc pas se relâcher.
Coup de gueule de l’UNPF.
Claude Japhet, président de l’UNPF, a rompu cette belle harmonie en reprochant aux répartiteurs de vouloir remettre en cause l’avantage des 10,74 % sur le PFHT et à certains d’entre eux de déréguler le système des marges arrière en lançant leurs propres marques de génériques : « On ne fera jamais faire de la substitution au pharmacien en lui faisant commander au fil de l’eau, et l’on ne peut pas réaliser des prestations de services et justifier des conditions particulières de marge arrière quand on achète à son répartiteur boîte par boîte. » Répondant à cette accusation, Marc Kenesi, de la CERP France, a avancé que « les répartiteurs avaient toujours accompagné la substitution et adapté leur offre pour répondre aux besoins des pharmaciens ».
Risques de blocage sur les décrets MURCEF et SEL
– Lors de Pharmagora, Isabelle Adenot, présidente du conseil central A de l’Ordre, a précisé les propositions ordinales concernant les prochains décrets sur la loi en faveur des PME, la loi MURCEF et les modifications éventuelles du décret du 28 août 1992 sur les SEL : « Pour accompagner l’évolution des SEL, l’Ordre souhaite rétablir l’équivalence entre la propriété du capital et les droits de vote, étendre la possibilité pour une SEL d’exploiter jusqu’à trois officines, et sécuriser le contrôle du capital en limitant le nombre de participations directes ou indirectes à deux dans des SEL. » Par ailleurs, l’Ordre accepte la création de SPFPL (holding), mais avec une limitation également à deux concernant le nombre de participations dans le capital de SEL.
Si ces propositions sont adoptées en l’état, les pharmaciens exploitants de SEL, qui détiennent directement ou indirectement (par le biais de cette SEL) des parts minoritaires dans le capital de deux autres SEL, devront donc revendre l’une de leurs deux participations.
De son côté, Claude Japhet (UNPF) indique que « le ministre des PME souhaite tout reprendre dans un seul et même décret ». Or, l’UNPF est contre la suppression de la dissociation dans les SELAS entre droit de vote et droit au capital. « Si syndicats et Ordre ne parviennent pas à s’entendre sur ce point, les décrets seront bloqués », laisse-t-il entendre. La publication des décrets n’est pas encore pour demain… – F.P.
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