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Transition écologique : encore des efforts à faire en officine
Une enquête de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) en partenariat avec GERS Data révèle qu’une très grande majorité des pharmaciens adoptent déjà des gestes écologiques dans leur officine. Mais ils délaissent, pour l’instant, la mise en œuvre de mesures plus complexes. La réduction du nombre de livraisons en fait partie.
Interrogés pendant l’hiver 2022-2023, 98 % des pharmaciens ont éteint la lumière et les ordinateurs lors de la fermeture. Ils étaient par ailleurs nombreux à expliquer Cyclamed et les déchets d’activités de soins à risque infectieux (Dasri) aux patients. Et 91 % ont réduit les déchets d’emballage et sacs distribués aux patients. Des résultats qui corroborent l’enquête de l’UNPF menée avec le GERS Data et réalisée en ligne du 1er juin au 4 juillet 2023 auprès de 444 pharmaciens titulaires. Ainsi, 80 % des titulaires déclarent avoir déjà mis en place une démarche de développement durable au sein de leur officine et 15 % de plus envisagent de le faire à court terme.
Diminution du chauffage mais pas des livraisons
Selon le sondage, le virage vert relève d’abord pour les pharmaciens d’un « devoir citoyen » (note de 8,15 sur 10), puis d’une « source d’économies » (7,81) – à noter que seuls 25 % des répondants effectuent un suivi mensuel de leurs consommations d’eau, d’électricité, de papier…-, d’une composante de la démarche qualité (7,7). Dans une moindre mesure, il s’agit aussi d’un enjeu d’image et d’attractivité vis-à-vis des patients (6,24), d’une contrainte (6,08) et d’un soutien au recrutement des jeunes (5,53).
De fait, la sensibilisation des patients au bon usage, la diminution du chauffage, les ampoules basse consommation et la limitation des consommables obtiennent des scores élevés parmi les réponses des officinaux (de 86 à 89 %). Ce qui est moins le cas pour d’autres mesures comme l’optimisation des commandes pour réduire les livraisons (57 %) ou le développement d’un rayon “green” (45 %).
Et pour l’instant, les pharmaciens mettent plutôt soigneusement de côté le passage à une livraison de grossiste par jour au lieu de deux (9 %), le bilan carbone de l’ordonnance (5 %) ou encore le label d’employeur écoresponsable (4 %).
Optimiser la distribution
« Ces résultats montrent une forte appropriation des gestes écologiques du quotidien mais un besoin d’accompagnement pour la mise en œuvre de mesures plus systémiques, touchant notamment à l’approvisionnement, qui requièrent un changement profond d’habitudes pour l’équipe officinale comme pour les patients », analyse David Syr, Directeur Général adjoint de GERS Data, dans le communiqué sur l’enquête. De son côté, Christophe Le Gall, président de l’UNPF met en garde : « N’attendons pas qu’on nous dise comment faire ou qu’on nous impose des solutions inadaptées comme la dispensation à l’unité. Prenons garde également aux acteurs émergents qui convoitent la logistique du médicament. […] Soyons intégratifs dans la démarche pour y inclure toutes les officines et tenir compte des spécificités territoriales, tout en capitalisant sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pour optimiser le cycle allant de la commande à la dispensation. »
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