L’autre notice des médicaments à problèmes

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Publié le 19 mars 2016
Par Anne Drouadaine
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Effets secondaires, le scandale français ». Avec un titre pareil, on aurait pu s’attendre à un énième pamphlet contre les médicaments et l’univers pharmaceutique au sens large. Pas vraiment un pamphlet, plutôt une analyse des faits. Dans leur livre réalisé avec la participation de la pneumologue Irène Frachon, le journaliste Jean-Christophe Brisard et l’avocat Antoine Béguin dressent le panorama des scandales pharmaceutiques français de ces dernières années: du thalidomide au Requip en passant par « les filles du distilbène », le prétendu « zéro mort » du Vioxx et la célèbre affaire du Mediator. Un rappel historique des faits, comme pour alerter un peu plus sur « un scandale programmé » celui de Dépakine. Si la suite de l’ouvrage aidera le grand public à y voir un peu plus clair dans les méandres du circuit médicamenteux, il permettra également de déceler certaines ruses (biais dans les études, conflits d’intérêts ou notice « parapluie »…).

A propos des effets indésirables et de l’éducation thérapeutique, les auteurs ne manquent pas de placer médecins et pharmaciens au premier rang et de souligner que « si le médicament était un jour vendu en grande surface, il ne subsisterait plus qu’une seule source [d’informations] : le laboratoire ». Et d’indiquer d’autre part que « pour l’heure, la responsabilité des pharmaciens n’est quasiment jamais recherchée par les patients qui concentrent leur action à l’encontre du médecin ou du laboratoire. Cette responsabilité n’est pas rentrée dans les mœurs. Pas encore ? ». Faut-il y voir une mise en garde à peine masquée concernant la délivrance du valproate ? Pour ne pas être un jour mis en faute dans ce dossier, une délivrance rigoureuse et raisonnée aux patientes est impérative… avec prescription initiale émanant d’un spécialiste et présentation de l’accord de soins.

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