D’un échange informel à une démarche encadrée

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Publié le 25 novembre 2023
Par Magali Clausener
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Afin d’optimiser le parcours de soins des patients et d’améliorer leur prise en charge, l’exercice coordonné interprofessionnel est devenu indispensable au fil du temps et s’est structuré. Récapitulatif.

 

Les relations pharmaciens-médecins et pharmaciens-infirmiers existaient bien avant la création de dispositifs et de structures d’exercice coordonné. Pour autant, ces échanges informels ne suffisent plus dans un système de santé cloisonné, de plus en plus complexe, avec des intervenants multiples, qui conduit à des parcours de soins souvent compliqués et nécessitant un suivi des patients sur le long terme. Dans ce contexte, l’échange entre les différents professionnels de santé sur leurs patients communs est devenu essentiel. Surtout, il doit permettre de tracer les différentes étapes du parcours de soins, les interventions des professionnels (médecins, infirmières, pharmaciens, kinés, etc.) et faire en sorte que chacun d’eux dispose des informations nécessaires. L’objectif étant d’optimiser le parcours de soins des patients et d’améliorer leur prise en charge. L’exercice coordonné interprofessionnel répond à cette problématique. Ce qui implique, au-delà du partage de données de santé, une organisation entre professionnels de santé et ce qui conduit les pouvoirs publics, souhaitant promouvoir l’exercice coordonné pluriprofessionnel, à formaliser ce nouveau mode d’exercice et même à l’encadrer via différents véhicules législatifs.

De la MSP à la CPTS

 

La première structure à être réglementée est la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP). Elle est en effet créée par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) de 2007. Il ne s’agit pas dans un premier temps d’exercice coordonné à proprement parler. Mais les MSP permettent à plusieurs professionnels de santé et paramédicaux de se regrouper le plus souvent dans une « maison » en dur et de ne plus exercer de façon isolée. Cela répond à une attente croissante des professionnels de santé. En outre, les MSP présentent l’avantage pour les patients de trouver dans un même lieu des professionnels dont ils peuvent avoir besoin : infirmière, masseur-kinésithérapeute, sage-femme, orthophoniste, psychologue… et parfois des médecins spécialistes. Aujourd’hui, il existe selon l’association AVECsanté, environ 2 300 MSP, ce qui représente environ 40 000 professionnels de santé, dont 20 à 25 % de médecins. L’objectif du gouvernement est d’avoir 4 000 MSP au total d’ici 2027.

 

Il faut ensuite attendre la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 pour que les équipes de soins primaires (ESP) voient le jour. Créées également autour de médecins généralistes, les ESP constituent en fait le premier niveau de l’exercice coordonné. A priori, on ne dispose pas de chiffres sur le nombre d’ESP.

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Enfin, dernier maillon de la coordination interprofessionnelle : les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Celles-ci sont aussi créées par la loi du 26 janvier 2016. « De nombreuses problématiques requièrent une approche collective autour de diagnostics partagés : l’accès au soin, les parcours de santé, la gestion de crise, la demande de soins non programmés, l’organisation de l’offre, la promotion de la santé, la prévention, la réponse à des problèmes spécifiques à un territoire. C’est le sens de l’approche populationnelle que les CPTS ont vocation à porter », explique le rapport « Tour de France des CPTS » de juin 2023. La mission a recensé 756 CPTS en décembre 2022. L’objectif du gouvernement est de couvrir 100 % de la population avec des CPTS d’ici fin 2023.