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Comme quoi, quand on veut
En septembre dernier, Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé et de la Prévention de l’époque, restait énigmatique au sujet de l’augmentation des franchises médicales alors envisagée par le gouvernement : « On regarde, on continue à travailler », expliquait-il. Mais « on » cherchait déjà comment faire comprendre aux Français que le médicament n’était pas un bien de consommation comme les autres.
Fin septembre, le dossier de presse consacré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2024 n’évoquait pas cette augmentation. Interrogé à ce sujet, Bercy répondait que cette hausse restait une piste mais que la décision n’était pas prise et que rien n’était arrêté. Pour autant, le ministère indiquait qu’une telle disposition pouvait faire partie des mesures de « responsabilisation de tous les acteurs des prescriptions et prises en charge » (1,25 milliard d’euros d’économies attendues). Et pouvait aussi être mise en œuvre « par voie réglementaire ». Et voilà comment, une poignée de mois plus tard, on se retrouve avec un communiqué dans les mains indiquant que le gouvernement « engage les consultations liées à la procédure de publication des textes nécessaires pour fixer le montant des franchises qui s’appliquent sur les boîtes de médicaments et les actes paramédicaux à 1 € ». Pour une entrée en vigueur fin mars. Explication financière avancée : pas de revalorisation du montant depuis la création. Argument médico-économique : « Pouvoir poursuivre une prise en charge à 100 % dans les cas les plus graves et à la pointe de la recherche pour les maladies graves. » Objectif fixé : « Une plus grande participation et responsabilisation des Français pour les maladies du quotidien. » Question intéressée : le doublement de cette « contribution directe » est-il de nature à tenir à distance la dispensation à l’unité sur laquelle aucune franchise n’est prévue ? Ou, au contraire, à la précipiter pour les traitements ponctuels, sous la pression de patients ni assez riches ni assez pauvres mais un peu plus empêchés désormais dans leur accès aux soins ?
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