Cession d’officine : la « dynamique » prend des accents différents selon les régions

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Cession d’officine : la « dynamique » prend des accents différents selon les régions

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Publié le 25 mai 2025
Par Audrey Chaussalet
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Si le marché des transactions officinales reste globalement soutenu en 2024, avec une hausse généralisée des prix de cession exprimés en multiple de l’EBE, d’importantes disparités régionales subsistent, indique Interfimo.

Toutes les régions françaises enregistrent en 2024 une hausse du prix moyen des officines, exprimé en multiple de l’excédent brut d’exploitation (EBE). Devenu l’indicateur de référence pour évaluer la valeur d’une officine, ce ratio confirme une dynamique nationale à la hausse, avec des progressions particulièrement marquées dans certaines régions comme le Centre-Val de Loire, l’Île-de-France et les Pays de la Loire. Paris se distingue par le multiple le plus élevé, tandis que la Bourgogne-Franche-Comté reste la moins bien valorisée.

Les petites officines moins bien valorisées

Cette tendance, ainsi exposée par la dernière enquête annuelle d’Interfimo sur les prix de cession, est toutefois moins favorable pour les pharmacies dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,2 million d’euros. Pour ces structures, le prix moyen de cession recule, passant de 5,3 à 5,1 fois l’EBE entre 2023 et 2024. Le grand Nord-Ouest se distingue par la valorisation la plus basse du marché, avec un multiple de seulement 4,2. À l’inverse, le Sud-Ouest tire son épingle du jeu, avec une valorisation moyenne de 6 fois l’EBE, au-dessus de la moyenne nationale.

À l’échelle nationale, le taux de rotation des officines s’élève à 74 mutations pour 1 000 pharmacies, contre 81 en 2023. Malgré ce recul, il reste supérieur à la moyenne de la dernière décennie. En 2024, les régions les plus dynamiques restent la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse, tandis que les Hauts-de-France ferment la marche et que les baisses les plus marquées concernent l’Île-de-France et le Grand-Est.

Une remontée des défaillances

Autre signal d’alerte : le taux de défaillance repart à la hausse, avec 6,9 procédures collectives ouvertes pour 1 000 officines, contre 4,8 en 2023. Ce chiffre dépasse même celui d’avant la crise sanitaire (5,1 pour 1 000). Les départements d’outre-mer enregistrent les taux les plus élevés, suivis, en métropole, par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À l’inverse, celui du Grand-Est est le plus bas de France métropolitaine, juste derrière la Corse qui, fait notable, ne recense aucune procédure collective en 2024.

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